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De haute envergure !

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Amsterdam. Het Muziektheater. 18-V-2008. Richard Wagner (1813-1883) : Tristan und Isolde, drame musical en trois actes sur un livret du compositeur. Mise en scène : Alfred Kirchner ; décors : Annette Murschetz ; costumes : Ann Poppel ; lumières : Jean Kalman. Avec : Linda Watson, Isolde ; Heidi Brunner, Brangäne ; Stig Andersen, Tristan ; Gerd Grochowski, Kurwenal ; Stephen Milling, le roi Marke ; Hendrik Vonk, Melot ; Norbert Ernst, le jeune marin/le berger. Chœur du Nederlandse Opera, direction : Martin Wright ; Nederlands Philharmonisch Orkest, direction : Ingo Metzmacher

Tristan et Isolde

Musicalement, la matinée bénéficiait de la direction d’un miraculeux de respiration et de fluidité. Son travail sait se fondre avec limpidité dans le drame wagnérien et ce chef s’avère capable des moindres nuances pour accompagner ses chanteurs. Ainsi, des pianissimi infinitésimaux permettent au couple d’amants de ne jamais devoir forcer la voix et le duo d’amour de l’acte II ou l’agonie de Tristan à l’acte III semblent presque parlés. Imposant un souffle dramatique, le chef parvient à tendre le discours aux moments clefs de la partition tout en gardant une grande linéarité du discours. Certes, cette direction est plus intellectuelle que tellurique, mais une telle capacité à s’immiscer dans la trame dramatique de l’œuvre est assez rare de nos jours. L’, rompu à l’exercice wagnérien offre mille couleurs avec des bois fruités et des cordes aux teintes soyeuses.

Ayant fait leurs preuves sur la scène batave lors de précédentes productions wagnériennes et Sting Andersen se sont tirés, avec une belle compétence, des deux redoutables rôles des amants légendaires. Certes, n’a pas l’envergure vocale et le charisme d’une ou d’une , mais la soprano sait conduire son chant avec musicalité et intelligence ; les moyens vocaux sont assez imposants en dépit d’une certaine dureté du timbre. Sting Andersen commence très prudemment son incarnation pour monter en puissance lors des actes n°II et n°III. Le long monologue de l’acte III s’avère particulièrement probant avec un vécu du texte idéal. est un roi Marc vocalement imposant et dramatiquement granitique. Le timbre de est un peu rocailleux, mais le chanteur s’implique avec passion dans son rôle. Plutôt réputée pour ses incarnations mozartienne, Heidi Brunner est un peu trop légère en Brangäne.

Musicalement impérial car portée par une direction magistrale et une mise en scène soutenue, ce spectacle est, pour l’instant, le sommet de la saison amstellodamoise.

Crédit photographique : Hans van den Bogaard

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Amsterdam. Het Muziektheater. 18-V-2008. Richard Wagner (1813-1883) : Tristan und Isolde, drame musical en trois actes sur un livret du compositeur. Mise en scène : Alfred Kirchner ; décors : Annette Murschetz ; costumes : Ann Poppel ; lumières : Jean Kalman. Avec : Linda Watson, Isolde ; Heidi Brunner, Brangäne ; Stig Andersen, Tristan ; Gerd Grochowski, Kurwenal ; Stephen Milling, le roi Marke ; Hendrik Vonk, Melot ; Norbert Ernst, le jeune marin/le berger. Chœur du Nederlandse Opera, direction : Martin Wright ; Nederlands Philharmonisch Orkest, direction : Ingo Metzmacher

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