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L’alto français dans (presque tous) ses états

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Georges Enesco (1881- 1955) : Concerstück pour alto et piano. Jean Françaix (1912- 1997) : Rhapsodie pour alto et piano. Darius Milhaud (1892-1974) : Quatre visages op.238 ; Sonate n°1 pour alto et piano op.240 ; Sonate n°2 pour alto et piano op.244. Pierre Lénert, alto. Cédric Tiberghien, piano. 1 CD Integral Classic INSO 221.335. Code barre : 3 576072 213350. Enregistré à Opéra-Bastille en mars 2006. Livret trilingue français, anglais, japonais. Durée : 51’26’’

 

L’alto, rarement mis à l’honneur, n’a cependant pas été délaissé par les compositeurs du XXe siècle. Enesco, Françaix, Milhaud sont les têtes d’affiches du récital de , soliste et alto solo de l’Opéra National de Paris, accompagné de .

Cet enregistrement nous ouvre autant à la richesse d’un ambitus que d’un répertoire. Français (à la quasi non-exception d’Enesco), ce dernier est aussi le témoin d’une époque et d’une sensibilité. Composé en 1906, le Concerstück de , morceau de concours, est l’une des plus belles pièces de ce recueil. Il conjugue un lyrisme tendre et expansif avec une virtuosité pugnace. L’accompagnement soutient avec grâce la ligne éthérée de la mélodie et marque de manière décisive les changements de climats, bien moins perceptibles à l’alto. La prise de son semble en effet étouffer les nuances et aplatir considérablement ses élans.

La Rhapsodie de (1993, version avec piano) propose à l’instrument un éventail d’effets : de l’ingénuité, il passe à la gravité, à la virtuosité ludique ou impudique… Une palette d’expressions bien maîtrisées et accompagnées avec subtilité par . Les Quatre visages et les deux sonates de ont été composés lors de son exil américain, après à sa rencontre avec le quatuor Pro Arte (1943-44). Les Quatre visages font écho à quatre portraits de femmes : la Californienne nonchalante, la Wisconsinian empressée, la Bruxelloise langoureuse, la Parisienne badine. Les deux sonates sont non moins pittoresques. L’Air de la Sonate n°1, dans sa parfaite simplicité et ses volutes vocaux, rappelle une berceuse populaire et le Finale, un tourbillon de danse. Quant au dernier mouvement, Rude, de la Sonate n°2, il vibre de cette véhémence que l’on trouve chez Chostakovitch et qui colle parfaitement à l’alto.

Malgré l’intérêt du répertoire présenté, la prise de son limite l’appréciation. Alors que le piano bénéficie d’un rendu limpide, il est malheureux que l’alto soit moins favorisé. Il manque de clarté et les nuances tendent à être uniformes.

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Georges Enesco (1881- 1955) : Concerstück pour alto et piano. Jean Françaix (1912- 1997) : Rhapsodie pour alto et piano. Darius Milhaud (1892-1974) : Quatre visages op.238 ; Sonate n°1 pour alto et piano op.240 ; Sonate n°2 pour alto et piano op.244. Pierre Lénert, alto. Cédric Tiberghien, piano. 1 CD Integral Classic INSO 221.335. Code barre : 3 576072 213350. Enregistré à Opéra-Bastille en mars 2006. Livret trilingue français, anglais, japonais. Durée : 51’26’’

 
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