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Alfred Brendel, ouverture et adieux

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Cologne. Philharmonie. 17-VIII-2008. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano et orchestre n°24 en ut mineur K 491 ; Ludwig van Beethoven (1770-1824) : Bagatelle op. 33/4 ; Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°5 en do dièse mineur. Alfred Brendel : piano ; Gürzenich-Orchester, direction : Markus Stenz.

Parfois début et fin sont très proches l’un de l’autre. Ainsi, pour l’ouverture de sa saison symphonique 2008/2009, le Gürzenich-Orchester de Cologne a invité comme soliste l’éminent , celui-ci faisant en même temps ses adieux au public de la métropole rhénane. Ce furent des adieux toutes en demi-teintes. Pour l’occasion, Brendel avait choisi le concerto n°24 en ut mineur de Mozart, l’un des plus sombres du compositeur salzbourgeois. Mais au lieu d’accentuer les traits dramatiques de cette œuvre, le pianiste s’en tenait aux couleurs mélancoliques. L’agilité et les trilles y étaient, bien sûr, mais sans aucune virtuosité démonstrative du genre « voyez ce dont je suis encore capable ». Nous avons donc pu admirer une dernière fois le miracle du « son Brendel », mariant de façon unique clarté et beauté, sobriété et expression. Quel bonheur ! Au pupitre, suivit son illustre invité (tout en ignorant gentiment un accrochage au troisième mouvement). Celui qui nous a habitué à des Mozart incisifs et énergiques, opta cette fois pour une approche plus en phase avec le jeu de Brendel : lyrique, nuancée et colorée.

Changement d’atmosphère en deuxième partie. Dans la cinquième symphonie de , nous retrouvions le Stenz habituel, débordant d’énergie, réunissant dans son interprétation rigueur analytique et intensité dramatique. D’un premier mouvement angoissant comme il faut jusqu’au finale somptueux, en passant par un scherzo dansant et un adagietto languissant, gorgé d’émotions, il nous offrit une lecture magistrale de cette partition extraordinaire. Le Gürzenich-Orchester se montra tout aussi à l’aise avec des cordes d’une grande souplesse ainsi que des bois et des vents brillants à tout feux dans leurs différents soli, ô combien difficiles.

Enthousiaste dès la fin de la première partie (Brendel offrit en bis une bagatelle de Beethoven), le public réserva une véritable ovation aux musiciens de l’orchestre et à . Ils ont mis haute la barre pour cette nouvelle saison !

Crédit photographique : © Benjamin Ealovega

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Cologne. Philharmonie. 17-VIII-2008. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano et orchestre n°24 en ut mineur K 491 ; Ludwig van Beethoven (1770-1824) : Bagatelle op. 33/4 ; Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°5 en do dièse mineur. Alfred Brendel : piano ; Gürzenich-Orchester, direction : Markus Stenz.

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