Le temps déstructuré

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Paris, Cité de la musique. 03-X-2008. Philippe Leroux (né en 1959) : De la texture. Steve Reich (né en 1936) : Drummings, premier mouvement. Conlon Nancarrow (1912-1997) : Fantaisie pour violon et pianola. Paul Usher (né en 1970) : Nancarrow concerto. György Ligeti (1923-2006) : Poème symphonique pour 100 métronomes ; Kammerkonzert. Rex Lawson, pianola. Ensemble Ictus, direction : Georges-Elie Octors.

«La mesure du temps» continue à la Cité de la musique, avec ce concert qui propose une vision cyclique du temps qui s’écoule. dans De la texture s’inscrit en droite lignée du Partiels de Gérard Grisey : une vaste respiration faite de paroxysmes et de dépressions, du bruit à la note, de l’incertitude au temps pulsé, du chaos à la musique. Les instrumentistes finissent par tous être percussionnistes de leurs instruments, pour un résultat final mitigé d’un œuvre qui ne cesse de tourner sur elle-même. Dans cette vision déstructurée du temps, le Poème symphonique pour 100 métronomes de s’imposait de lui-même. Ce nuage sonore d’une micropolyphonie rythmique en perpétuel mouvement jusqu’au relâchement du ressort de chaque machine vaut la peine d’être vécu en concert au moins une fois dans sa vie. Drummings de , du moins son premier mouvement avec ces cellules rythmiques en mouvement perpétuel, terminait logiquement cette première partie de concert, ardemment défendu aux bongos par les percussionnistes, le pianiste et le directeur musical de l’.

Rex Lawson, spécialiste incontesté du piano mécanique, débutait la seconde partie de concert par une œuvre non prévue au programme, la Fantaisie pour pianola et violon de son maître , agréable miniature virevoltante et virtuose pour les deux instruments. Prélude logique du Nancarrow concerto de compositeur britannique , concerto pour pianola et ensemble d’après le Concerto pour pianola inachevé et les Etudes 33 et 49 du maître du rouleau perforé pour piano mécanique. Finalement, on ne sait quel est le langage musical de , tant ce Nancarrow concerto «parle» le Nancarrow dans le texte. Stravinsky, Copland et Gershwin se bousculent dans une orchestration faite par blocs et un langage mélodique en perpétuelle invention. Enfin, le Kammerkonzert de Ligeti terminait ce concert, ardemment défendu par un Ensemble Ictus chauffé à blanc, rendant à merveille les superpositions temporelles et constant mouvement propre à l’œuvre.

Crédit photographique : Rex Lawson © DR

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