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Jeanne, de Rouen à Rome

La Scène, Opéra, Opéras

Rome, Auditorium Parco della Musica. 14-X-2008. Arthur Honegger (1892-1955) : Jeanne d’Arc au bûcher, oratorio dramatique en un prologue et onze scènes sur un livret de Paul Claudel. Mise en scène : Keith Warner. Décors et costumes  : Es Devin. Lumières : Ben Ormerod. Avec : Romane Bohringer, Jeanne d’Arc ; Tchéky Karyo, Frère Dominique ; Manuel Durand, Le Récitant I et II, Appariteur, Héraut III, L’âne, Le Duc de Bedford, Jean de Luxembourg, Heurtebise, Regnault de Chartres, Guillaume de Flavy, Perrot, Un Prêtre, Un Paysan ; Susan Gritton, La Vierge ; Isabelle Cals, Marguerite ; Maria Radner, Catherine ; Donald Litaker, Une voix, Porcus, Heraut I, Le Clerc, La mère aux Tonneaux ; Jean-Vincent Blot, Une voix, Heraut II, Un autre Paysan, Pecus. Orchestre et Chœur de l’Accademia Nazionale de Santa Cecilia (chef de chœur : Marcovalerio Marletta) direction  : Antonio Pappano

Jeanne d’Arc au bûcher

L’auditorium Parco della Musica de Roma a inauguré sa saison lyrique avec l’opéra d’Arthur Honneger Jeanne au bûcher sur livret de . L’histoire décrit le triomphe et l’apologie d’une figure centrale de l’identité française, à travers une forte symbolisation des idéaux, de la vérité à l’amour tout en passant par la solidarité dont ses effets perdurent après la mort. Le livret de Claudel pénètre «mot à mot» la musique d’Honegger dans une osmose perpétuelle, les accents phonétiques étant parfaitement en ligne avec la métrique musicale.

La mise en scène de , réalisateur de renommé internationale, a donné vie à un spectacle essentiel mais très captivant qui n’en est pas moins proche de la célèbre version cinématographique de Roberto Rossellini. De nombreux effets visuels spécialement conçus pour séparer les différents plans temporels ont donné l’impression de la profondeur (comme dans une représentation tridimensionnelle).

Point central de la mise en scène : deux chaises. L’une énorme enfermée dans une structure transparente en forme de cube, l’autre à grandeur naturelle positionnée sur le devant de la scène. L’éternel défi entre passé et présent, l’homme et son alter ego, la liberté et le châtiment, la grandeur et l’infiniment petit.

L’orchestre dirigé par est toujours très intense et présent. Le jeu musical entièrement basé sur le contraste sonore d’ombres et de lumière marque une tension extrême. Pappano conduit la trame sonore avec talent et personnalité, dirigeant les interprètes sur scène avec précision et respect des temps de l’action. Romane Boheringer, dans le rôle de Jeanne d’Arc, enfermée dans le cube est à la fois efficace et émouvante ainsi que Tcheky Karyo dans le rôle de Frère Dominique. Leur performance est vraiment incisive.

Le chœur dirigé par Marcovalerio Marletta et le chœur des enfants dirigé par José Maria Sciutto ont suivi parfaitement la direction de Pappano, ainsi que les chanteurs. dans le rôle de Jeanne d’Arc se produit avec une voix mystique et une interprétation généreuse. est une Marguerite équilibrée et raffinée. La capacité de tous les autres chanteurs de passer d’un personnage à l’autre est étonnante. Leur éclectisme va de même avec une grande fantaisie.

Les presque 2500 spectateurs qui se sont mobilisés pour ce spectacle inaugural ont exprimé leur appréciation avec environ 15 minutes d’applaudissements.

Crédit photographique : Romane Bohringer (Jeanne d’Arc) © Parco della Musica

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