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Les Pêcheurs de perles, le rêve brisé

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Montréal, Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. 01-XI-2008. Georges Bizet (1838-1875) : Les Pêcheurs de perles, opéra en 3 actes, livret d’Eugène Cormon et Michel Carré. Mise en scène : Andrew Sinclair ; décors et costumes : Zandra Rhodes ; éclairages : Ron Vodicka ; chorégraphie : John Malashock ; assistant : Michael Mizerany. Avec : Karina Gauvin, Leïla ; Antonio Figueroa, Nadir  ; Phillip Addis, Zurga ; Alexandre Sylvestre, Nourabad. Chœur de l’Opéra de Montréal (chef de chœur : Claude Webster), Orchestre Métropolitain du Grand Montréal, direction : Frédéric Chaslin.

Les vents soufflent du côté de l’océan Indien, apportant entre deux moussons, de profondes modifications climatiques. Les doux sortilèges de Lakmé ont fait place à la tempête des sentiments qui secoue la prêtresse Leïla des Pêcheurs de perles. Deuxième production de sa 29e saison, l’Opéra de Montréal présente le premier ouvrage important de  : Les pêcheurs de perles, opéra écrit par un tout jeune homme de 25 ans. La musique aromatique de Bizet séduit par la veine mélodique, la romance capiteuse de Nadir agit sur nos sens et son fameux duo avec Zurga nous envoûte toujours, enfin les délicates volutes de la cavatine de Leïla nous ramènent sur les rives exotiques de l’île de Ceylan. L’intrigue est pourtant creuse et sans grande originalité, jugée désuète dès la première représentation en 1863. Le chant français s’est trop souvent accommodé de sujets calamiteux, à l’exotisme de pacotille. Pour cette production montréalaise des Pêcheurs de perles, nos rêves d’Orient se brisent sur la façade rigide d’un décor en carton-pâte.

La voix élégiaque de Nadir du ténor – mais souvent couverte par l’orchestre – et le timbre merveilleux de en Leïla – c’est une prise de rôle pour elle, – déçoivent un peu dans leur interprétation. Tous les deux ne s’abandonnent pas totalement. Nous sommes en présence de deux chanteurs qui interprètent mais refusent d’incarner leur personnage respectif. Les représentations à venir devraient à l’instar de Nadir, monter au… zénith de la forme vocale et sans doute interprétative des deux protagonistes. En définitive, le véritable héros de cette première, demeure le baryton , un Zurga excellent vocalement et scéniquement à son affaire. n’a pas soulevé la foule dans sa prestation du grand prêtre Nourabad. Le timbre nous paraît ingrat et manque singulièrement de puissance. Toutes les interventions du chœur, – «Sur la grève en feu», «L’ombre descend des cieux» – contribuent grandement à la réussite de la soirée. Le travail du chef de chœur et pianiste-répétiteur est à souligner. La mise en scène prend plaisir à faire bouger la foule, toujours en action sur le plateau.

La chorégraphie «hawaïenne» de John Malashock prend beaucoup de place, trop sans doute. Signalons les éclairages judicieux de Ron Vodicka. Quant à la mise en scène d’Andrew Sinclair, elle demeure sobre, au premier degré et par le fait même, très compréhensive. Les décors cucul de Zandra Rhodes volontairement puérils – on dirait un cahier à colorier – annihile toute magie. Le chef , qui fait ses débuts à la compagnie, dirige l’ du Grand Montréal d’une main de maître et restitue en partie la magie qui nous est ravie par les décors.

Crédit photographique : Philippe Addis (Zurga) & Karina Gauvain (Leïla) © Yves Renaud

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Montréal, Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. 01-XI-2008. Georges Bizet (1838-1875) : Les Pêcheurs de perles, opéra en 3 actes, livret d’Eugène Cormon et Michel Carré. Mise en scène : Andrew Sinclair ; décors et costumes : Zandra Rhodes ; éclairages : Ron Vodicka ; chorégraphie : John Malashock ; assistant : Michael Mizerany. Avec : Karina Gauvin, Leïla ; Antonio Figueroa, Nadir  ; Phillip Addis, Zurga ; Alexandre Sylvestre, Nourabad. Chœur de l’Opéra de Montréal (chef de chœur : Claude Webster), Orchestre Métropolitain du Grand Montréal, direction : Frédéric Chaslin.

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