Le Quinteto Porteño : une soirée de tangos

La Scène, Spectacles divers

Dijon, Grand théâtre. 19-XI-2008. Noche de Tango. Musique : Astor Piazzolla. Le Quinteto Porteño : Violon : Francesco Clemente ; Saxophone : Vito Soranno ; Guitare : Giovanni Fossanova ; Piano : Loredana Paolocelli ; Contrebasse : Antonio Carmentano. Voix, mise en scène, texte et chant : Beatriz Fornabaio ; Assistante mise en scène : Simone Ribba ; Vidéo live : Luca Acito.

Quinteto Porteño

Cinq musiciens sur scène. Une récitante. Tous vêtus de noir. Une faible lumière au départ. La voix s’élève, avec un délicieux accent espagnol. Une voix qui conte, qui raconte le tango, qui raconte Piazzola, ce compositeur argentin qui contribua à offrir au tango du XXe siècle ses lettres de noblesse. Puis la musique s’élève, lente tout d’abord, puis plus dynamique pour laisser aux cinq instrumentistes le loisir de charmer l’auditoire. Les rythmes syncopés sous les doigts énergiques de la pianiste Loredana Paolocelli soutenue par la contrebasse d’Antonio Carmentano dynamisent d’emblée et donnent une couleur empreinte de sensualité. Sensualité à laquelle contribuent la sonorité ronde du saxophone de Vito Soranno, les interventions du violon de Francesco Clemente, tour à tour chantant ou évoquant de plaignantes lamentations, la guitare parfois percussive, parfois mélodieuse de Giovanni Fossanova. D’autant que nos instrumentistes n’hésitent pas à improviser, à l’instar de pièces jazzistiques. Mais il reste toujours cette couleur caractéristique du tango argentin, à la fois sensuel et nostalgique, avec ses marches harmoniques et glissandi si stéréotypés…

Mais n’oublions pas la prestation de la récitante, également chanteuse. La soprano Beatriz Fornabaio, à qui l’on doit les textes qu’elle interprète indifféremment en espagnol ou en français, offre en effet sa voix cristalline, qui se marie parfaitement avec les autres instruments. L’ensemble reste toujours très équilibré, homogène, harmonieux. Le jeu de scène est minimaliste, se limitant à quelques gestes, dont on peut regretter un peu l’excès de retenue. Peut-être qu’un petit peu plus d’érotisme ou du moins, de sensualité, n’aurait pas été de trop, même de la part des instrumentistes. Mais le parti pris n’était pas celui-là. Respectons-le !

Si la musique a emporté l’adhésion sans conteste, il en est également de même pour la mise en scène : derrière les instrumentistes se dressait un écran, sur lequel étaient projetés différents éléments : de la couleur, comme le rouge par exemple dans les passages quelques peu véloces. Ce qui amenait le spectateur à répondre par l’affirmative à la question : «le rouge et le noir ne s’épousent-ils pas ?». Des formes dans les tons ocre sur un tapis sombre. Puis, de ces formes naissaient un corps, puis de ce corps un second. A la fin, l’homme et la femme dansaient le tango, tandis que leurs mains s’étaient exercées, seules, quelques temps auparavant… La vidéo live de Luca Acito : du grand art. Et une grande et belle soirée ponctuée par trois bis devant un public enthousiaste et ravi …

Crédit photographique : DR

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