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Musique anglaise et répertoire à l’OPL

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Liège. Salle philharmonique de Liège. 27-XI-2008. Benjamin Britten (1913-1976) : Variations sur un thème de Franck Bridge op. 10. Ralph Vaughan Williams (1872-1958) : The Lark ascending. Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Romance pour violon et orchestre n°2 en fa majeur op. 50 ; symphonie n°4 en si bémol majeur op. 60. Alina Pogostkina, violon. Orchestre philharmonique de Liège, direction : Paul Daniel

Orchestre Philharmonique de Liège

Après huit années consacrées à l’English National Opera (entre 1997 et 2005), le chef anglais quittera en 2009 l’Angleterre pour gagner l’Australie où l’attendent les musiciens de l’Orchestre Symphonique de Perth. Sa dernière rencontre avec l’Orchestre Philharmonique de Liège datant de la saison 2006-2007, nous étions heureux de retrouver ce brillant musicien dans un programme mêlant musique anglaise et répertoire beethovenien. Mettre au pupitre les Variations sur un thème de Frank Bridge constitue un choix artistique audacieux. Cet ensemble de variations dédiées à son ancien professeur permet en effet à de solliciter chaque instrumentiste de la formation de cordes dans les exercices les plus virtuoses et originaux. Les instrumentistes s’illustrent à merveille à travers ces pages aux rythmes redoutables, guidés par , qui parvient à surprendre l’auditeur jusqu’à la dernière pièce par un travail assez remarquable sur les dynamiques de l’ensemble. Les aigus des premiers violons manquent peut-être d’éclat, tout comme la fugue précédant le finale manquait-elle d’un certain mordant mais les qualités d’interprétation de l’ensemble priment incontestablement sur ces quelques remarques.

La violoniste rejoint ensuite l’orchestre pour la délicieuse Romance n°2 de Beethoven. La jeune interprète remarquée lors du Concours Reine Elisabeth (4e Prix lors de la session de 2001) s’applique à développer d’élégants phrasés mais son jeu apparait un peu trop centré sur lui-même, Pogostkina dialogue en effet peu avec l’orchestre. Sa romance de Beethoven est agréable à l’oreille, mais elle ne sert en réalité que d’amuse-bouche avant The Lark ascending, nous rappelant l’anniversaire du cinquantenaire de la mort du compositeur RalphVaughan Williams. La violoniste propose une lecture précise et attentive de la célèbre romance inspirée du poème de George Meredith mais une fois de plus un brin scolaire. La sonorité est lumineuse mais peut encore gagner en ampleur. L’alouette est en effet charmante mais a déjà connu de plus hauts sommets… Son point faible s’incarne à travers les dynamiques les plus faibles de la partition, où sa sonorité tend à perdre de son éclat. L’accompagnement tout en subtilité de l’orchestre jette un voile sur ces réserves, nous faisant tout de même passer un très beau moment musical. Paul Daniel obtient en effet de l’orchestre une palette de couleurs aussi brillantes que subtiles.

En conclusion de ce programme, l’on pouvait retrouver Beethoven dans une œuvre trop rarement jouée. Si elle développe en effet d’avantage les motifs mélodiques au contraire des ses célèbres voisines modelant les rythmes, la symphonie n°4 n’en demeure pas moins riche et Paul Daniel a su en révéler tous les attraits. Il maîtrise parfaitement l’ensemble des musiciens et restitue avec une grande précision la rythmique jouissive du premier mouvement. Il sait également ne pas abuser de trop grands écarts dans les dynamiques, privilégiant le discours musical aux effets spectaculaires. Le timbalier fort présent dans ces pages se montre investi et pertinent tandis que la petite harmonie s’affirme par une belle réactivité, encore renforcée par un impérial, qui fera du second mouvement un grand instant de plénitude. Les bois sont à nouveau malicieux et incisifs dans le pétillant Scherzo dans lequel s’illustre un pupitre de cordes soudé comme jamais. Dans l’ultime mouvement, la cohésion des différents pupitres se montre un peu moins solide rendant l’écoute moins limpide mais l’enthousiasme de Paul Daniel permet à la phalange liégeoise de restituer un final bouillonnant et passionné.

Cette collaboration entre le charismatique Paul Daniel et l’O.P.L. fut un très beau succès confirmé par les applaudissements chaleureux du public ainsi que par les remerciements sincères échangés entre le chef et les musiciens de l’orchestre en fin de concert.

Crédits photographiques : Beth Bergman

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Liège. Salle philharmonique de Liège. 27-XI-2008. Benjamin Britten (1913-1976) : Variations sur un thème de Franck Bridge op. 10. Ralph Vaughan Williams (1872-1958) : The Lark ascending. Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Romance pour violon et orchestre n°2 en fa majeur op. 50 ; symphonie n°4 en si bémol majeur op. 60. Alina Pogostkina, violon. Orchestre philharmonique de Liège, direction : Paul Daniel

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