Fantastique Annick Massis dans Les Contes d’Hoffmann

La Scène, Opéra, Opéras

Nice. Opéra. 21-I-2009. Jacques Offenbach (1819-1880) : Les contes d’Hoffmann, opéra fantastique en 3 actes avec prologue et épilogue, sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré. Mise en scène : Paul Émile Fourny ; décors et costumes : Louis Désiré ; éclairages : Patrick Méeüs. Avec : Annick Massis, Olympia / Antonia / Giuletta / Stella ; Luca Lombardo, Hoffmann ; Giorgio Surian, Lindorf / Coppélius / le Docteur Miracle / Dapertutto ; Ivan Matiakh, Andrès / Cochenille / Frantz / Pitichinaccio ; Juliette Mars, Nicklausse / la muse ; Osvaldo Peroni, Spalanzani ; Marcel Vanaud, Luther / Crespel ; Marie-Thérèse Keller, la mère d’Antonia ; Guy Bonfiglio, Hermann / Schlémil ; Florent Chamard, Nathanaël. Chœur de l’opéra de Nice (chef de Chœur : Giulio Magnanini), Orchestre Philharmonique de Nice, direction : Emmanuel Joël-Hornak.

S’il est une chose qu’il faut saluer avant toute autre, ce soir, c’est bien l’extraordinaire performance d’ qui, malade, a tenu avec brio le quadruple rôle. Une légère faiblesse dans certains graves et une petite baisse de puissance sur la fin, mais une magnifique interprétation d’Olympia. Il fallait être habitué à la voix claire et pure de la chanteuse pour percevoir sa gêne. Ovationnée par le public pour cette performance qu’il lui faudra encore renouveler deux fois jusqu’au 27 janvier.

Saluons également la mise en scène de . Mise en scène moderne, sans renoncer à un certain classicisme, soulignée par un éclairage très expressif et des décors à la fois sobres et évocateurs. Avec Louis Désiré et , ils ont su exprimer toute l’ambiguïté de l’œuvre et en servir l’unité, du prologue à l’épilogue. Le détail symbolique, visible ou suggéré, appuyait toujours à propos le jeu imbriqué des rôles dont la clef de lecture, déjà présente par ces détails, n’est livrée que dans l’épilogue.

On pourra regretter la trop discrète présence des danseurs et un ensemble de voix masculines finalement très sèches et s’épousant mal entre elles. Faiblesse compensée par l’admirable jeu scénique de l’ensemble des chanteurs, particulièrement qui excellait tant dans Lindorf que dans Coppélius, le Docteur Miracle ou encore Dapertutto. La qualité scénique trouva son apothéose dans le finale à la fois émouvant et prenant. Osvaldo Peroni servit un grand Spalanzani, comique et sérieux, malgré une voix parfois couverte par l’orchestre, rare moment de déséquilibre du reste entre la fosse et la scène, si l’on excepte les chœurs du début peut-être trop lointains. Une soirée «fantastique» pour mettre en lumière tous les états de la femme et, à peine voilé dans l’ombre de la passion, l’homme dans tous ses états.

Crédit photographique : (Hoffmann), (Olympia) ; Giorgio Surjan (Lindorf), (Hoffmann), Juliette Mars (Nicklausse) © P. Tallon / Ville de Nice

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