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This is a french première (en français dans le texte)…

Rosamunde Quartett

Avignon. Opéra-théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse. 30-I-2009. (1732-1809) : Quatuor à cordes, en la majeur, opus 77, n°2. (1862-1918) : Quatuor à cordes, en sol mineur, opus 10. (1797-1828) : Quatuor à cordes, en sol majeur, opus 161.

Rosamunde Quartett : Andreas Reiner, 1er violon ; Diane Pascal, 2nd violon ; Helmut Nicolai, alto ; Anja Lechner, violoncelle.

«This is a french première. This piece was composed only one month ago». Ce fut la cerise sur le gâteau, le cadeau final, exécuté avec la même rigoureuse perfection. Car si la perfection existe, on l’a rencontrée ce soir-là. C’est donc avec une sorte de gourmandise pétillante que le premier violon présenta en anglais le rappel, qui illustre bien le travail de cette formation : faire découvrir les œuvres les plus récentes tout autant que revisiter les compositeurs anciens. L’ensemble du programme offrait précisément ce voyage entre des univers différents.

Si Debussy conserve encore quelques aspérités aux oreilles de certains spectateurs – il fallait entendre les propos de couloirs -, l’interprétation de son unique Quatuor fut néanmoins saluée sans réserve ; la fin du premier mouvement témoignait d’une belle virtuosité, annonçant les pizzicati aériens de la suite. Premier violon et violoncelle ont eu dans ce morceau la partie belle, tenant d’ailleurs tout au long de la soirée le devant de la scène, à tous les sens du terme. En ouverture, le Quatuor opus 77 n°2 de Haydn avait offert un espace rêvé, de dialogue entre les instruments, de contre-chant, doubles et triples croches, modulations et virtuosités diverses, dans lesquels le talent des musiciens s’était pleinement exprimé.

Quant à Schubert, pouvait-il ne pas faire l’unanimité ? Son tout dernier Quatuor, écrit en dix jours à peine en 1826, oscillant entre majeur et mineur, entre ombre et lumière, s’est trouvé transfiguré par le timbre proprement lumineux du stradivarius sur lequel joue Andreas Reiner, le célèbre «King Max-Joseph» de 1702. Et le quartett s’est surpassé encore dans le deuxième mouvement, lui conférant une énergie, une force exceptionnelles, une dynamique éclatante. On ne saurait trop saluer la fougue d’Andreas Reiner, le jeu élégant de la violoncelliste Anja Lechner, la rigueur du second violon Diane Pascal et de l’alto Helmut Nicolai, qui firent de ce concert une très belle rencontre.

Mais… , ou Rosamunde Quartett ? Anecdotiquement, pendant les quelques jours qui précédaient le concert, flottait une incertitude. La quasi-homonymie, l’analogie des répertoires (du XVIIe siècle jusqu’à l’époque la plus récente), laissaient planer le doute. Allait-on entendre le , héritier de la grande tradition française, fondé en 1981, et composé d’Agnès Sulem-Bialobroda et Thomas Tercieux (violons), Jean Sulem (alto), et (violoncelle), ou le Rosamunde Quartett, allemand, qui a fait ses débuts en 1992 à Munich ? Peut-être, finalement, est-ce la curiosité qui a entraîné ce soir-là un public bien plus nombreux que d’habitude ? Il n’a pas regretté sa soirée…

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