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Quatuor Pražák, un petit air de Bohème aux Bouffes du Nord

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Théâtre des Bouffes du Nord. 18-V-2009. Antonin Dvořàk (1841-1904) : Quatuor n°14 en la bémol majeur op. 105 ; Bohuslav Martinů (1890-1959) : Quatuor n°6 H. 312 ; Bedřich Smetana (1824-1884) : Quatuor n°1 en mi mineur « De ma Vie ». Quatuor Pražák : Václav Remeš, Vlastimil Holek : violon ; Josef Kluson : alto ; Michal Kanka, violoncelle.

Cela fait un certain temps que le a pris pour habitude d’établir ses quartiers parisiens dans le théâtre des Bouffes du Nord. La rencontre de ce lieu fascinant et de ces interprètes d’exception fait merveille à chaque fois, et il semble qu’une relation intime se soit créée entre le public et les artistes. Conquise d’avance, l’audience accueille avec recueillement et enthousiasme leur magistrale leçon de musique.

Les Pražák forment un quatuor impeccable ; excellents instrumentistes, ils font leur l’esprit de la musique de chambre : l’union des parties, la respiration et l’élan partagés – quelquefois mis en péril par la fougue du premier violon, Václav Remeš. Sans surprise, leur domaine de prédilection est le répertoire romantique tchèque, ce qui a encore été démontré dans ce programme, intelligemment composé d’œuvres de Dvořàk, Martinů et Smetana.

Si le quatuor de Dvořàk, typique de son auteur, n’a eu aucun mal à convaincre en dépit d’une péroraison particulièrement pompeuse, celui de Martinů a été accueilli avec davantage de réticences, bien que servi avec le même engagement. Il s’agit d’une œuvre hétéroclite, qui exploite avec intérêt les multiples ressources des instruments, mais tombe trop souvent dans le grandiloquent ou l’anecdotique. Martinů semble avoir voulu dépasser dans cette pièce le caractère badin de son style, sans grand succès. L’atmosphère onirique de l’Andante médian au moins est réussie, bien que le mouvement souffre par ailleurs de longueurs indéniables.

Le point fort du programme, véritable cerise sur le gâteau, est l’interprétation du Quatuor n°1 de Smetana, qui mêle un lyrisme et un pathos tout romantiques à de petits airs entraînants, pleins de gouaille et de joie de vivre. Cette pièce, parfaitement maîtrisée par les interprètes, a été restituée avec un bonheur perceptible et surtout communicatif. Elle nous a permis d’apprécier plus particulièrement les qualités du jeu de l’altiste Josef Kluson, qui a rendu avec feu les passages en récitatif qui ouvrent l’Allegro vivo appassionato initial.

Et comme il aurait été difficile de se quitter après ce véritable morceau de bravoure, les Pražák ont judicieusement choisi de donner le second mouvement bien connu du Quatuor «américain» de Dvořàk en bis, au climat de douce mélancolie.

Crédit photographique : Quatuor Prazák © DR

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