Bach et Couperin à l’Arsenal avec le Concert Lorrain

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Metz. Arsenal. 26-V-2009. Johann-Sebastian Bach (1685-1750) : Liebster Jesu, mein Verlangen, cantate « dialogus » BWV 32 pour le premier dimanche après l’Épiphanie, pour soprano et basse, 1726 ; Ich gehe und suche mit Verlangen, cantate « dialogus » BWV 49 pour le vingtième dimanche après la Trinité, pour soprano et basse, 1726. François Couperin (1668-1733) : Le Parnasse ou l’apothéose de Corelli, grande sonate en trio, Paris, 1724 ; O misterium ineffabilile, Dominum Salvum fac Regem, élévations pour dessus et basse avec la basse continue ; Concert instrumental sous le titre d’Apothéose, composé à la mémoire immortelle de l’incomparable Monsieur de Lully, Paris, 1725. Avec Cornelia Samuelis, soprano ; Peter Kooij, basse ; Stéphanie Paulet et Bérangère Maillard, violon ; Mika Akiha, alto ; Benoît Laurent, hautbois ; Miriam Shalinsky, contrebasse, Anne-Catherine Bucher, orgue et clavecin ; Stephan Schultz, violoncelle et direction artistique.

C’est manifestement sous le signe de la spiritualité, mais aussi de l’interculturalité, qu’a été composé ce programme savant et recherché, consacré à deux compositeurs quasi contemporains mais à l’esthétique musicale si différente. Comme s’il fallait marquer encore davantage les divergences de style, les œuvres interprétées ont toutes été composées entre 1724 et 1726, c’est-à-dire à un tournant crucial de l’histoire de la musique européenne, à un moment où les influences diverses ne cessent de s’entrecroiser et de s’entrecouper. Si Couperin, dans ses deux apothéoses, tente en effet une synthèse extrêmement accomplie des styles français et italien, Bach, quant à lui, reste avant tout fidèle à l’esthétique et aux traditions musicales qui ont marqué ses années de formation. C’est surtout dans son remarquable O misterium ineffabile que Couperin reste véritablement lui-même, français jusqu’au bout des ongles dans ces sobres et élégantes élévations.

L’interprétation du Concert Lorrain a été exemplaire à tous points de vue, autant dans l’austérité des pages vocales que dans la jubilation de certains morceaux instrumentaux. Ont notamment brillé le violon de Stéphanie Paulet et le hautbois de Benoît Laurent, mais on mentionnera aussi, tout particulièrement, la prestation magistrale, au clavier de l’orgue et du clavecin, d’Anne-Catherine Bucher.

Le timbre quelque peu voilé de Cornelia Samuelis semble convenir davantage à l’austérité des pages de Couperin qu’aux airs, plus brillants, des cantates de Bach. , en revanche, apporte à ces cantates toute son expérience et sa musicalité. Du violoncelle, dirige dans la plus grande discrétion en ensemble de musiciens qui savent, justement, ce que jouer ensemble veut dire…

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