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Récital des nouveaux talents du CNIPAL

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Toulon, Foyer de l’opéra, 26-V-2009. Airs et mélodies de Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893), Nicolaï Rimski-Korsakov (1844-1893), Sergueï Rachmaninov (1873-1943), Alexandre Gretchaninov (1864-1956) et Reinhold Glière (1874-1956). Sophie Desmars, soprano. Alec Avedissian, baryton. Mamuka Lomidze, baryton. Nino Pavlenichvili, piano.

CNIPAL

Après la Dame de Pique à Monaco, avant la soirée russe à Nice, Toulon se met également à l’heure russe, avec la programmation de la dernière «Heure exquise» de la saison. Toujours conduits et accompagnés par , , et ont rivalisé de talents autour de mélodies russes. Le jeune baryton ouvrit le concert avec des mélodies de Tchaïkovski. D’une voix d’abord sèche, il sut pourtant peu à peu se dégager et avec profondeur et plénitude il donna vie à ces mélodies expressives. C’est avec beaucoup de douceur, particulièrement sur les notes posées, qu’il donna vie et âme à Eugène Oneguine. Un artiste qui transmet sa propre émotion avec beaucoup de nuances, dans un rôle très habité ! Le final de cet air fut un beau moment de douceur et d’émotion. Nettement plus à l’aise dans le haut que dans le bas de sa tessiture, il mit beaucoup de chaleur pour ce court extrait de la Dame de Pique, avec de très beaux morendi, toujours aussi pleins de vie, malgré un accompagnement au piano précipité.

, de retour au salon Campra, bien que dotée d’une émission nasale, conquit une fois encore le public par l’amplitude de sa voix et la forte technicité de ses nuances, notamment les très beaux crescendos des mélodies de Rimski-Korsakov couronnés de magnifiques fortissimos auxquels faisait écho la douceur des pianissimos. Un véritable lyrisme, très enrobé, mais amoindri par la saturation de l’espace sonore ; saturation renforcée lors des duos avec . Malgré une voix de stentor, celui-ci n’en fut pas moins couvert dans la romance de Tchaïkovski par la jeune soprano. Deux voix puissantes et profondes qui pourtant se mariaient mal, car trop éloignées l’une de l’autre. Cette puissance fut au demeurant peu aidée par le piano très frappé, ce qui ajouta à l’inconfort de l’audition. Seul avec Rachmaninov, le baryton, de sa voix si typiquement slave, put mieux donner sa puissance notamment dans un final époustouflant. Moins à l’aise avec Gretchaninov, le caractère très haché de la phrase semblait trahir une sécheresse de gorge. C’est à gorge déployée en revanche qu’il conclut le programme d’abord seul puis avec , poussant à l’extrême la saturation sonore. Deux voix puissantes cherchant à démontrer au public leur capacité technique sans pourtant tenir compte de la réalité de la salle, deux voix qui ne parviennent pas à trouver leur unité… mais le souffle fait son effet et le public est conquis par la prouesse. Il faut dire que des prouesses, en a réalisé ce soir, mettant ainsi à l’honneur son talent de colorature, sollicitant parfois peut être trop sa voix. Si les broderies semblèrent difficiles pour Glière, il n’en était rien pour l’aigu extrêmement facile et très fin. Grande technicité également dans les vocalises et la diction surtout pour les doubles-croches de la chanson géorgienne. Si les nuances sont restées essentiellement forte pour le Coq d’or, elles furent compensées par l’extrême finesse des aigus délicatement posés.

Une belle soirée russe qui aurait cependant mérité plus de nuances et de gestion de l’espace sonore, ce dont sembla davantage faire preuve Alec Avedissian.

Crédit photographique : Alec Avedissian © DR

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