Concerts, La Scène, Musique symphonique

Enfants de Bohême et hongrois d’adoption

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Paris. Salle Pleyel. 29-V-2009. Bedřich Smetana (1824-1884) : Šárka (extrait de Ma patrie) ; Joseph Joachim (1831-1907) : Concerto pour violon n° 2 en ré mineur « A la manière hongroise » op. 11  ; Bohuslav Martinů (1890-1959) : Fantaisies symphoniques (Symphonie n° 6) H. 343  ; Johannes Brahms (1833-1897) : Danses hongroises n° 1, 5 et 6 (n° 5 et 6 arrangées par Martin Schmeling). Christian Tetzlaff, violon ; Orchestre Philharmonique de Radio-France, direction : Peter Oundjian.

L’intéressant programme offert par l’Orchestre Philharmonique de Radio-France fait alterner deux compositeurs tchèques avec deux musiciens germaniques s’abandonnant aux plaisirs du style «hongrois». La légende de Šárka est l’un des mythes fondateurs de la nation tchèque, illustré aussi par des opéras de Zdeněk Fibich et de Janáček. Pour camper l’héroïne qui, à la tête de ses amazones, massacre les hommes pour venger son amour trahi, Smetana exploite une veine épique et sentimentale, fort bien servie par la vigueur de et par les timbres chaleureux de l’orchestre.

On ne connait plus guère Joseph Joachim, aujourd’hui, que comme le violoniste favori et l’ami indéfectible de Brahms. Ce concerto, en plus d’un charme mélodique indéniable, donne une idée de la fascination que le virtuose exerçait alors en Europe. Dans un langage somme toute moins académique que son contemporain Max Bruch, il cultive une ornementation hérissée de difficultés, surtout pour la main gauche (notamment des gammes chromatiques en octaves). Dans la belle cadence du premier mouvement, on retrouve aussi l’écho des Sonates et partitas de Bach, qu’il avait remises à l’honneur. Même s’il s’emballe un peu dans un finale malaisé, laisse admiratif par le panache de son jeu et la beauté de sa sonorité (il a aussi défendu l’œuvre au disque). L’orchestre, en formation judicieusement réduite, joue son rôle avec une discrète efficacité.

La Symphonie n° 6 de , aussi nommée Fantaisies symphoniques, ne présente aucun aspect qui puisse la rattacher à l’école tchèque. L’excellente interprétation rend justice à un art très particulier de l’orchestration, notamment dans le bourdonnement initial, et à l’impressionnante mosaïque rythmique du second mouvement. Le chef agence avec fermeté la marche des séquences et parvient à maintenir une tension constante, une qualité essentielle dans cette œuvre.

Pour clore ce programme de qualité, les Danses hongroises ne s’imposent guère, d’abord parce que le contraste avec Martinů est franchement brutal, et aussi parce que le choix des trois danses les plus ressassées donne l’impression désobligeante que l’on a voulu récompenser le spectateur en lui offrant, après trois œuvres peu connues, un «tube du classique»…

Crédit photographique : © Alexandra Vosding

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Paris. Salle Pleyel. 29-V-2009. Bedřich Smetana (1824-1884) : Šárka (extrait de Ma patrie) ; Joseph Joachim (1831-1907) : Concerto pour violon n° 2 en ré mineur « A la manière hongroise » op. 11  ; Bohuslav Martinů (1890-1959) : Fantaisies symphoniques (Symphonie n° 6) H. 343  ; Johannes Brahms (1833-1897) : Danses hongroises n° 1, 5 et 6 (n° 5 et 6 arrangées par Martin Schmeling). Christian Tetzlaff, violon ; Orchestre Philharmonique de Radio-France, direction : Peter Oundjian.

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