Concerts, La Scène, Musique symphonique

Une Neuvième purement formelle par la Chambre Philharmonique

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Paris. Cité de la Musique. 06-VI-2009. Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°9 en ré mineur op. 125. Sinéad Mulhern, soprano ; Carolin Masur, mezzo-soprano ; Christian Baumgärtel, ténor ; Konstantin Wolff, basse. Chœur de chambre Les Eléments (chef de chœur : Joël Suhubiette). La Chambre Philarmonique, direction : Emmanuel Krivine

Quoique les applaudissements du public de la Cité de la Musique aient été enthousiastes et accompagnés d’acclamations chaleureuses surtout destinées au chœur, l’impression produite par ce concert n’a pas été celle «incroyablement forte et magnifique» digne du génie de Bonn. L’exécution livrée par s’est heurtée à de nombreuses imprécisions techniques, à un général manque de masse sonore et surtout de passion. L’inspiration purement formelle du chef d’orchestre n’a pas été à la mesure de l’esprit romantique du dernier Beethoven égaré dans une exécution qu’on saurait définir comme scolastique et froide.

Malgré les nombreuses critiques produites par un final qualifié à l’époque de «monstrueux et de mauvais gout», l’Ode à la joie reste le moment le plus attendu. Pourtant ce dernier mouvement a été d’un point de vue interprétatif la partie la plus faible de la soirée. Débutant avec un tempo prestissimo, il a été conduit de façon banale et approximative. L’allure extrêmement rapide a causé un décalage inacceptable (à ce niveau artistique) entre les solistes et l’orchestre. Aucun frisson pour les aigus de la soprano souvent hors tempo. Seul le chœur, malgré le nombre réduit des chanteurs (seulement 32) a su donner «voix» et âme musicale à l’Ode de Schiller sublimant et vivifiant la célébration des idéaux de Kant.

La progressive exaltation de ce thème dans la tonalité de ré majeur, sa puissante éloquence confiée à toutes les familles d’instruments aurait du révéler le caractère presque religieux de l’invention de Beethoven et souligner l’aspect gai et agréable de cet hymne invoqué par une merveilleuse voix de basse dans le récitatif initial. Cependant toutes les promesses musicales esquissées dans la prodigieuse introduction sont restées au stade d’admirables intentions dans lesquelles le génie allemand et son inspiration sacrée sont demeurés enfermés dans un fébrile élan de l’orchestre.

Crédit photographique : © Fabrice Dall’Anese

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Paris. Cité de la Musique. 06-VI-2009. Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°9 en ré mineur op. 125. Sinéad Mulhern, soprano ; Carolin Masur, mezzo-soprano ; Christian Baumgärtel, ténor ; Konstantin Wolff, basse. Chœur de chambre Les Eléments (chef de chœur : Joël Suhubiette). La Chambre Philarmonique, direction : Emmanuel Krivine

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