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Faramondo avec Max Emanuel Cenčić, flamboyance de la virtuosité vocale

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Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Faramondo. Max Emanuel Cencic, Faramondo ; Sophie Karthäuser, Clotilde ; Marina De Liso, Rosimonda ; In-Sung Sim, bass ; Philippe Jaroussky, Adolfo ; Xavier Sabata, Gernando ; Fulvio Bettini, Teobaldo ; Terry Wey, Childerico. Chœur de la Radio Suisse Italienne, I Barocchisti. Direction : Diego Fasolis. 3 CD Virgin Classics référence et code barre : 50999 2 16611 2 9. Enregistré à l’Auditorio Stelio Molo (Lugano, Suisse), du 19 au 24 octobre 2008. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : CD 1 : 65’59’’ ; CD 2 : 48’52’’ ; CD 3 : 51’17’’

 

Les Clefs ResMusica

, à l’origine de ce projet, relève au moins deux défis. Celui de nous faire découvrir un opéra de Haendel que l’on avait presque oublié, tant sa réputation était celle d’une œuvre mineure voir ratée. Et celui de réunir autour de lui une distribution de rêve, des stars qui loin de tous caprices expriment un vrai plaisir à tout donner à Faramondo. Le livret de Gautier de Costes de Calprenède impossible à résumer explique bien la difficulté de cristalliser l’intérêt du public pour cette histoire d’amour contrarié chez lez chevaliers francs. Mais c’est la magie et l’enthousiasme de l’interprétation qui ici va retenir toute votre attention et ce dès l’ouverture. L’orchestre, libère sous la direction de une lumineuse intensité, toujours à l’écoute des chanteurs. Les couleurs en sont délicates, les nuances subtiles. Dans les récitatifs, clavecin ou théorbe donnent à la ligne de chant une assise élégante et sure.

La distribution éclatante brille de tous ses feux. Elle sait unir les qualités de chacun. Elle rend crédible et attachante l’histoire pourtant réputé si difficile à suivre qui nous est conté. Deux couples s’aiment et se déchirent dans Faramondo. Le rôle titre est interprété par Max-Emanuel Cencic. Il campe un amoureux sensible, condamné au devoir de chevalerie. Pour donner corps à son personnage l’artiste utilise toutes les facettes de son timbre passant d’aigus délicats à des graves tendres et suaves alliés dans un phrasé séduisant. Son agilité dans les vocalises n’a d’égale que l’expressivité et la caractérisation qu’il sait donner à chacun de ses airs, du plus déchirant «Sì tornero a morir» au plus vaillant «Voglio che sia l’indegno». Faramondo est amoureux de Rosimonda interprété par la mezzo , timbre charnu et personnalité charnelle. Femme forte, sure d’elle qui se refuse à aimer celui qui a tué son frère et qui progressivement se laisse toucher. Son timbre est rond, la voix semble sans limites. Dans le duetto avec Faramondo les timbres distincts s’unissent laissant s’exprimer la joie de deux jeunes amants qui se découvrent.

En face d’eux un autre couple et Sophie Karthaüser. Le jeune frère de l’héroïne (Adolfo) et la sœur du héros (Clotilde), unissent leurs timbres clairs et aériens en des phrasés délicats. Comme souvent un peu trop désincarné semble moins un amant qu’un ange et c’est Sophie Karthaüser qui porte ce couple. Ses vocalises sont d’une très grande agilité et ses aigues sont des diamants qui rayonnent comme dans l’Aria «Mi parto lieta», le phrasé est d’une belle souplesse et d’une grande élégance.

Le reste de la distribution est tout aussi superbe. La basse possède un timbre profond et son agilité vocale donne à son personnage le caractère tragique et si humain d’un père qui pris au piège de l’honneur, sait pourtant montrer beaucoup de tendresse. Dans les seconds rôles il convient enfin de relever dans l’emploi du méchant . Son timbre mœlleux et une belle articulation dépeignent le funeste destin d’un homme qui par jalousie perd son meilleur ami. Les rares interventions du chœur sont engagées et soutenues.

Faramondo avec cette distribution si convaincante, mérite les feux de la scène. Ce que la prise de son théâtrale tend à démontrer. Le dialogue constant entre interprètes et orchestre nous transmet un bonheur sans partage. Ce CD est un flamboiement qui mérite une place d’honneur dans la discographie en cette année Haendel.

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Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Faramondo. Max Emanuel Cencic, Faramondo ; Sophie Karthäuser, Clotilde ; Marina De Liso, Rosimonda ; In-Sung Sim, bass ; Philippe Jaroussky, Adolfo ; Xavier Sabata, Gernando ; Fulvio Bettini, Teobaldo ; Terry Wey, Childerico. Chœur de la Radio Suisse Italienne, I Barocchisti. Direction : Diego Fasolis. 3 CD Virgin Classics référence et code barre : 50999 2 16611 2 9. Enregistré à l’Auditorio Stelio Molo (Lugano, Suisse), du 19 au 24 octobre 2008. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : CD 1 : 65’59’’ ; CD 2 : 48’52’’ ; CD 3 : 51’17’’

 
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