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Ecrin symphonique pour mezzo mythique

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Montpellier. Opéra Berlioz-Le Corum. 25-VII-2009. Antonín Dvorák (1841-1904) : Carnaval, ouverture de concert op. 92 ; Richard Strauss (1864-1949) : Vier Letze Lieder ; Alexander von Zemlinsky (1871-1942) : Symphonie en si bémol majeur. Waltraud Meier, mezzo-soprano. Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Eliahu Inbal

Festival de Radio-France et Montpellier 2009

C’est au tour du Philharmonique de Radio-France, dirigé par , d’investir la vaste salle de l’Opéra-Berlioz après les orchestres prestigieux qui s’y sont déjà succédés lors de cette édition du Festival de Radio France et Montpellier, pour cette soirée rassemblant autour des Quatre derniers Lieder de Strauss deux grands morceaux symphoniques très Mitteleuropa post-romantique.

Avant de donner quatre parmi les plus beaux et délicats lieder de tout le répertoire, l’Orchestre Philharmonique de Radio-France ne boude pas le côté jouissif de l’ouverture de concert Carnaval de Dvořák, auquel il confère tout l’éclat requis (cuivres brillants et ample coda efficace) sans pour autant sacrifier la délicatesse de la représentation des motifs, du dialogue du cor anglais et de la flûte ou encore la reprise du motif de la nature (issu de la première ouverture du cycle) confiée à la clarinette solo dans la section centrale. Les quatre lieder de Strauss sont ensuite l’occasion d’entendre la grande wagnérienne . La voix de la cantatrice a bien sûr un peu vieilli – la ligne de chant se tend dans Frühling – mais la mezzo reste inégalable par l’élégance de son chant, l’évidence de sa diction et la justesse de son interprétation. Elle oppose au chant hédoniste qui tente toute straussienne un chant dépouillé, âpre comme peuvent parfois être mélancoliques les vers de Hesse, et atteint la vérité plus que la beauté.

Si l’œuvre de Zemlinsky reste à redécouvrir – on a pu entendre ici même sa formidable Tragédie florentine – sa Symphonie n°2 en si bémol majeur lasse rapidement. En un quart d’heure le public en a compris la recette – motifs repris et enrichis, soudaines éruptions d’un lyrisme vite avorté, puissants tutti (coda triomphante de l’Allegro, strette finale du Scherzo) – mais la symphonie les réexploite sans fin durant trois longs quarts d’heure. Reste, au-delà de l’intérêt assez anecdotique de l’œuvre, la maestria du Philharmonique de Radio France, sa cohésion et l’excellence de ses solistes.

Crédit photographique : © Marc Ginot

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Montpellier. Opéra Berlioz-Le Corum. 25-VII-2009. Antonín Dvorák (1841-1904) : Carnaval, ouverture de concert op. 92 ; Richard Strauss (1864-1949) : Vier Letze Lieder ; Alexander von Zemlinsky (1871-1942) : Symphonie en si bémol majeur. Waltraud Meier, mezzo-soprano. Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Eliahu Inbal

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