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Soirée de très haute tenue avec Natalia Gutman !

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Prades, Abbaye Saint-Michel de Cuxa. 30-VII-2009. Edvard Grieg (1843-1907) : Suite Holberg op. 40 ; Joseph Haydn (1732-1809) : Concerto pour violoncelle et orchestre en do majeur ; Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concerto pour violoncelle et cordes n°9 en si mineur ; Benjamin Britten (1913-1976) : Simple Symphony op. 4. Natalia Gutman, violoncelle ; Orchestre de chambre de Toulouse, direction et violon solo : Gilles Colliard

Festival Pablo Casals 2009

La présence exceptionnelle de la grande violoncelliste russe faisait l’événement de ce troisième concert du festival Pablo Casals 2009. Avec l’, phalange de cordes qui, depuis cinq ans, se produit sans chef, elle interprétait (hommage oblige) le redoutable Concerto en do majeur de Haydn et le si mineur de Vivaldi, un compositeur que l’on a guère l’habitude d’entendre sous son crin robuste.

L’ ouvrait la soirée avec la Suite Holberg d’, une œuvre du compositeur norvégien fêtant le bicentenaire de la mort du poète Ludwig Holberg. Sur le modèle de la suite de danses baroque – Prélude, Sarabande, Gavotte, Air et Rigaudon – cette pièce un rien académique mais d’un charme mélodique exquis témoignait d’emblée de la qualité et de l’exigence du travail de l’orchestre rivé à l’archet fédérateur du premier violon Gilles Colliard.

Tenue sombre et regard sombre au mépris de toute élégance et séduction, est rien moins qu’impressionnante lorsqu’elle attaque sa partie dans le premier mouvement du Concerto de Haydn, dégageant de son bras droit puissant une énergie et une souplesse extraordinaires. C’est une approche très personnelle du concerto, un rien rugueuse mais d’une maîtrise souveraine qu’elle propose avec cette sonorité si singulière qui semble s’approcher du grain et de la conduite de la voix. Après un mouvement lent dont elle assombrit la couleur, le finale (bissé) donne la pleine mesure de son jeu ample et virtuose sans pour autant rechercher la brillance.

C’est ce qui aura fait cruellement défaut à son interprétation du Concerto en si mineur de Vivaldi, un choix plutôt inattendu de la part d’une interprète manifestement peu familière de la lumière vénitienne. Elle avait cependant pris soin d’alléger son archet en le tenant directement sur la baguette, démarche louable ne modifiant guère la couleur et l’esprit d’un jeu qui n’était pas en phase avec l’environnement des cordes et du clavecin baroque.

L’orchestre seul terminait le concert avec Simple Symphony op. 4 de , un «péché de jeunesse» (1933) du compositeur anglais faisant écho à la pièce inaugurale de Grieg. Il s’agit en effet de quatre mouvements de danses dont Britten accuse les contrastes de caractère et de tempi : après une Bourrée «tumultueuse» très enlevée par des archets précis et nerveux, l’espiègle deuxième mouvement faisait crépiter les pizzicati étonnamment synchrones. La sentimental Saraband avec sa touche de mélancolie précédait un Finale exubérant confirmant l’engagement et les qualités individuels de tous les membres de l’orchestre qui concluait avec brio cette soirée de très haute tenue.

Crédit photographique : photo © DR

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Prades, Abbaye Saint-Michel de Cuxa. 30-VII-2009. Edvard Grieg (1843-1907) : Suite Holberg op. 40 ; Joseph Haydn (1732-1809) : Concerto pour violoncelle et orchestre en do majeur ; Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concerto pour violoncelle et cordes n°9 en si mineur ; Benjamin Britten (1913-1976) : Simple Symphony op. 4. Natalia Gutman, violoncelle ; Orchestre de chambre de Toulouse, direction et violon solo : Gilles Colliard

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