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Pleins feux sur Kaija Saariaho

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Lucerne, Luzerner Saal. 23-VIII-2009. Karlheinz Stockhausen (1928-2007) : Gesang der Jünglinge pour support électroacoustique. Kaija Saariaho (née en 1952) : Amers pour violoncelle solo, ensemble et live électronique ; Solar pour ensemble et live électronique. Luca Francesconi (né en 1956) : Etymo pour soprano, orchestre de chambre et live électronique sur un texte de Baudelaire. Barbara Hannigan, soprano ; Eric-Maria Couturier, violoncelle ; Ensemble Intercontemporain ; Technique IRCAM ; direction Susanna Mälkki

Festival im Sommer 2009

Si le Festival d’été de Lucerne (du 12 août au 19 septembre) reste une des manifestations musicales les plus prestigieuses abritant en son sein le merveilleux Orchestre du Festival conduit par Claudio Abbado, il accueille chaque année en résidence plusieurs compositeurs ainsi que le Maître menant en parallèle un formidable travail avec l’orchestre de l’Académie du Festival. Ces très jeunes instrumentistes venus du monde entier et «coachés» par les solistes de l’, donneront cette année, sous la direction du compositeur, rien moins que Repons de Boulez ainsi que Déserts de Varèse ou encore le Concerto de chambre de Berg, Sinfonietta de Janacek, Sinfonia de Berio… Programmé chaque année pour présenter les œuvres des compositeurs invités, l’ donnait ce dimanche 22 août deux pièces de la compositrice finlandaise mise à l’honneur au côté de Jörg Widmann, brillant clarinettiste et compositeur allemand.

Le concert débutait dans le noir avec la projection, transcendée par la qualité technique et la magie de la spatialisation sonore, du chef d’œuvre électroacoustique de Stockhausen Gesang der Jünglinge (1955/56) ; premier essai et coup de maître de ce découvreur d’inouï, cette pièce n’a pas pris une ride et révèle mieux encore, à la faveur de la haute technicité de l’, sa veine émotionnelle et son élévation mystique. Eric-Maria Couturier au côté de jouait ensuite Amers (1992) de , une pièce pour violoncelle, ensemble et électronique qui n’est pas à proprement parlé un concerto mais on sait l’attachement tout particulier de la compositrice pour le violoncelle, instrument très ductile dans l’exploration quasi obsessionnelle de la texture sonore menée dans toutes ses compositions : musique extatique et portée par l’amplification résonnante de l’électronique, Amers (dont le titre évoque les bornes situées sur la côte et servant de points de repères dans la navigation) concentre l’écoute sur la micro-évolution du spectre sonore et les infimes transformations d’une matière plus moins lisse ou granulée. Avec une très grande finesse de l’archet, Eric-Maria Couturier parvient à captiver l’écoute et communiquer ce sensualisme à fleur de touche qui ressort de l’écriture musicale.

Solar (1993) pour ensemble et électronique, la deuxième œuvre de Saariaho au programme, participe de cette même esthétique spectrale incluant l’assistance de l’électronique dans l’analyse des phénomènes sonores dont la compositrice est familière depuis son passage en 1982 à l’. Traversé de courants plus dynamiques, Solar (solaire) joue sur les projections variées d’un même matériau harmonique offrant un kaléidoscope de couleurs, de tempi et de rythmes dont les solistes de l’Ensemble détaillent très finement les contours : une musique d’une sensibilité presque plastique dont on appréciait ce soir, sous le geste précis de , l’extrême finesse de la facture instrumentale un rien décorative et le charme délicat de ses sonorités. En cette fin de soirée, on retrouvait la merveilleuse soprano (cf notre chronique du 14/08) dans la pièce de Etymo dont les interprètes assistés par l’électronique faisaient circuler le souffle puissant dans l’espace relativement restreint mais idéal du Luzerner Saal.

Crédit photographique : © Marco Borggreve

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Lucerne, Luzerner Saal. 23-VIII-2009. Karlheinz Stockhausen (1928-2007) : Gesang der Jünglinge pour support électroacoustique. Kaija Saariaho (née en 1952) : Amers pour violoncelle solo, ensemble et live électronique ; Solar pour ensemble et live électronique. Luca Francesconi (né en 1956) : Etymo pour soprano, orchestre de chambre et live électronique sur un texte de Baudelaire. Barbara Hannigan, soprano ; Eric-Maria Couturier, violoncelle ; Ensemble Intercontemporain ; Technique IRCAM ; direction Susanna Mälkki

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