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51e Concours international de jeunes chefs d’orchestre, dans la cour des grands

Concours, La Scène, Musique symphonique

Besançon. Théâtre musical. 19- VII- 2009. Edith Canat de Chizy (née en 1950) : Times ; Félix Mendelssohn (1809- 1847) : Concerto pour violon n°2 en mi mineur op. 64 : 2e et 3e mouvements ; Hector Berlioz (1803- 1869) : Symphonie fantastique, op. 14 : 1er mouvement. BBC Symphony Orchestra, direction : Rossen Gergoc, Tomohiro Seyama, Kazuki Yamada

Soirée fébrile, exaltante, la finale du Concours de Jeunes Chefs d’Orchestre de Besançon a ordonné un chef mais ils sont deux à s’être distingués à la tête de l’orchestre de la BBC. Deux japonnais : et .

Le premier finaliste, (Bulgarie) a su structurer et contrôler les effets de la création Times d’Edith Canat de Chizy (commande du festival) autant qu’accompagner avec un orchestre chantant et délié, laissant au soliste un espace qu’il n’a pas exploité pleinement (concerto de Mendelssohn). Dans Berlioz, il a souligné la couleur italienne, testé les équilibres mais trop exagéré les changements de climats qui se sont perdus en effets maniérés. C’est aussi la raideur de sa relation à l’orchestre et au soliste qui lui ont desservit et n’ont pas su mettre en valeur leurs potentiels.

Impossible de ne pas porter de comparaison d’une écoute à l’autre et par là-même de saisir l’unicité du chef suivant. L’attention, la densité sonore et la force émotionnelle que a su tirer de l’orchestre est la marque d’un grand, en devenir. Sous sa main, la création contemporaine est devenue limpide. Son intérêt pour le détail signifiant, le silence et la hiérarchie des plans a tiré le meilleur de la pièce, comme de l’orchestre. L’accompagnement s’est très manifestement révélé être son talon d’Achille mais Berlioz a mis la barre très haut : les couleurs, les climats mouvants, la cohérence des tempi, la musicalité tout en finesse de l’orchestre, remarquablement maîtrisé, n’ont pas eu d’égal en cette soirée.

, le dernier finaliste, est aussi le lauréat du concours. Désigné à la fois par le jury, présidé par , et par le public, il a démontré sa supériorité – son expérience a eu aussi son mot à dire – par la simplicité efficace et l’intuition juste de sa vision. Sans être une révélation, le contemporain a été bien construit, bien maîtrisé et a échappé de justesse à l’ennui. La grande révélation revient à Mendelssohn. Le chef a préparé un tel écrin que public et orchestre ont assisté à une alchimie où le soliste a pu retrouver le chemin de la liberté et de l’inspiration. Berlioz a lui aussi été très bien maîtrisé, très construit et guidé par une énergie effervescente, héroïque, très bien contenue. A défaut d’être chatoyant, il a été stimulant et vivifiant.

Ce soir, un seul à dû l’emporter et sa nomination n’a fait aucun doute. Mais ce sont bien deux phénomènes qui ont marqué Besançon et nul doute, l’histoire saura faire place à chacun.

Lire la chronique du concert de la BBC avec .

Crédit photographique : Kazuki Yamada © Yves Petit

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