Mahler en bonne forme

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. 20-IX-2009. Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Concerto n°2 pour violon et orchestre op. 64 ; Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°5 en do dièse mineur. Arabella Steinbacher, violon ; Orchestre National de Belgique, direction : Walter Weller

L’ jouait ce dimanche, et pour la seconde fois cette semaine, la cinématographiquement (mais pas seulement) célèbre Symphonie n°5 de Mahler. Un après-midi bruxellois, une journée sans voitures, en silence, et le Palais des Beaux-Arts bien rempli. Pour l’excellente initiative de faire jouer au Bozar l’intégrale des œuvres symphoniques de Mahler par des orchestres belges, comme un anniversaire de naissance (2010) et de mort (2011), l’ONB prenait la main cette fois-ci, et débutait le concert par Mendelssohn et le cinématographiquement (mais pas seulement…) célèbre Concerto pour violon en mi mineur (1844).

Une entame toujours délicate, pas d’introduction d’orchestre, un mouvement à trouver d’emblée, quelque part entre le chef et le soliste. Une entame délicate encore, mais pas de quoi tenir rigueur à la jeune , qui livre, au cours de l’œuvre entière, une très belle prestation, d’esprit, de justesse, et quelques prises de risques heureuses, dans le dernier mouvement. Pas de miracle, mais un violon qui sonne, et loin, qui chatouille avec subtilité le génie Mendelssohn.

Un prélude brillant à l’aventure Mahler, un orchestre qui s’est multiplié pendant la pause, et la seconde partie commence. La musique comme un spectacle, que l’auditeur regarde se dérouler ou qu’il s’y plonge et s’y noie voluptueusement. Le parcours de la Symphonie n°5 (1901-1902) est agité, parfois brisé, chargé, épanoui ; de l’ombre au triomphe, du mineur au majeur, de la marche funèbre initiale au finale joyeux… Et l’Orchestre National prend ces contrastes à bras le corps, et dès le début, s’affirme en puissance autant qu’en finesse. Le drame côtoie la brusque effervescence avec la souplesse ou les heurts nécessaires ; la polyphonie orchestrale est dosée comme un labyrinthe où personne ne se perd ; et les deux premiers mouvements se révèlent sous le remarquable travail de direction de . Si le Scherzo est plus inégal (quelques phrases en trois temps qui peinent à démarrer), la notoriété de l’Adagietto ne permet pas la faiblesse… Et personne ne faiblit : cette page splendide est murmurée par les cordes, au seuil d’un idéal, et laisse reposer les vents avant l’aboutissement festif. La Symphonie se termine dans l’excès, confirmant que l’Orchestre National de Belgique raconte de mieux en mieux les chefs-d’œuvre, sous la baguette expérimentée du chef autrichien , qui donne au paysage musical belge un contour supplémentaire…

Crédit photographique : Walter Weller © SNS Group

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.