Concerts, La Scène, Musique symphonique

Concert d’ouverture de l’OPL avec François-Xavier Roth

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Liège. Salle Philharmonique. 25-IV-2009. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Musique pour les feux d’artifice royaux HWV 351. Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n°96 « Le Miracle » Hob. 1 : 96 ; Gustav Holst (1874-1934) : The Planets op. 32. Colin Matthews (né en 1946) : Pluto, the Renewer. Maîtrise de l’Opéra Royal de Wallonie ; Orchestre Philharmonique de Liège, direction : François-Xavier Roth

Orchestre philharmonique de Liège

L’arrivée d’un nouveau directeur musical est un événement important dans la vie d’un orchestre. L’excellent mandat de Pascal Rophé (qui reste premier chef invité de l’Orchestre Philharmonique de Liège) avait permis à l’orchestre de consolider l’identité du groupe, largement construite autour de la musique du XXe siècle. Les projets de , nouvelle baguette de l’OPL se veulent pluriels, en témoigne ce concert d’ouverture, construit tel un manifeste. L’entrée en scène du chef «marque» le coup : Roth frappant le plancher depuis les coulisses avant d’entrer en scène équipé d’un bâton surmonté de grelots. L’auditeur est d’emblée plongé dans une époque où la direction d’orchestre en était à ses balbutiements. Intéressante initiative pédagogique plus que musicale (le bruit généré altérait significativement le travail de l’orchestre en plus de souffrir d’une synchronisation hasardeuse par instants), l’emploi d’un bâton baroque pour diriger les Feux d’artifice Royaux de Haendel n’est pas la seule attraction visuelle que l’auditeur retiendra de cette pièce. Des instruments anciens se sont intégrés à l’ensemble : un jeu de timbales mais aussi deux superbes clavecins ainsi que deux imposants théorbes (basses de la famille du luth). La sonorité de l’ensemble ne manque pas d’allure, sollicitant largement les cuivres et les percussions.

L’orchestre aborde ensuite la Symphonie n°96 de Haydn, pour laquelle Roth choisit de modifier la disposition de ses musiciens. Ce travail apporte une belle rondeur au jeu de l’orchestre conjuguant cordes réactives à un velouté pupitre de bois dominé par le hautbois (superbe dans le Menuetto). Roth se montre raffiné et engagé à travers une lecture caractérisée par un soin redoutable apporté aux attaques de notes et à la musicalité des phrasés. Le Vivace final laisse percevoir la grande modernité dont Haydn fait preuve à travers ces pages jouissives par leur rythmique diabolique.

L’Angleterre, fil rouge de ce programme, avait apporté leur renommée à Haendel et Haydn. En seconde partie de concert, effectue un nouveau saut dans le temps pour proposer les célèbres Planètes du Britannique . Le chef s’y montre moins un peu moins convaincant que dans Haydn. L’orchestre ne souffre d’aucun défaut majeur si l’on excepte l’encombrant vibrato du concertmeister, mais l’on a pu regretter de ne pas percevoir l’intégralité des détails de cette spectaculaire partition. L’équilibre entre les cordes et le reste des musiciens reste perfectible tout comme certains bois souffraient-ils d’une difficulté à projeter leur sonorité. Le chef d’orchestre alterne avec aisance les différents tableaux formant cette suite. La sauvagerie guerrière de Mars emporte l’orchestre dans un climax étourdissant avant que le solo de cor n’emporte l’orchestre à travers l’atmosphère cotonneuse de Venus. Jupiter scande ensuite son célèbre hymne (mais pourquoi si fort dès la première fois ?) tandis que Uranus laisse se déchaîner percussions et orgues. Les chœurs de l’Opéra Royal de Wallonie présentant simultanément Samson et Dalila en périphérie liégeoise, l’orchestre a eu à se satisfaire de la Maîtrise de l’Opéra pour chanter le final de Neptune. Ce choix est regrettable tant la simplicité de ces lignes vocales cachent mal leur difficulté, d’autant plus lorsqu’on les confie à d’aussi jeunes interprètes. Roth, visiblement embarrassé par ce final, presse le tempo pour atteindre Pluton, complément composé par à la demande du chef d’orchestre Kent Nagano. Malgré ses références à l’œuvre de Holst, cette pièce demeure une conclusion peu digeste que l’on n’écoutera que pour le clin d’œil à la planète découverte treize années après que Holst ait achevé sa composition.

La salle comble applaudi avec ferveur les maîtres d’œuvres de cette soirée et, après quelques mots de François-Xavier Roth, savoure le thème de Jupiter, bissé comme lors de la première exécution de la partition, en 1920.

Crédit photographique : François-Xavier Roth © Gregoire Pont

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Liège. Salle Philharmonique. 25-IV-2009. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Musique pour les feux d’artifice royaux HWV 351. Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n°96 « Le Miracle » Hob. 1 : 96 ; Gustav Holst (1874-1934) : The Planets op. 32. Colin Matthews (né en 1946) : Pluto, the Renewer. Maîtrise de l’Opéra Royal de Wallonie ; Orchestre Philharmonique de Liège, direction : François-Xavier Roth

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