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L’Orchestre de Cleveland, un mythe bien vivant à Paris

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Paris, Théâtre des Champs-Elysées. 25- X- 2009. Claude Debussy (1862 -1918) : Fêtes (extrait de Nocturnes) ; Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n° 85 en si bémol majeur ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n° 5 en ré mineur op. 47. Cleveland Orchestra, direction : Franz Welser-Möst

Un peu comme s’il arrivait en territoire miné, l’Orchestre de Cleveland sied presque trop sagement sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées. Circonspection, crainte de décevoir sans doute malgré le prestige qui le précède… la pression semble être à son maximum. Son dernier concert sur cette même scène remonte à 1965 avec George Szell.

Sous la baguette de , son directeur artistique depuis huit saisons (reconduit jusqu’en 2018), il entame son programme avec un choix ingénieux : Debussy. Brillant et pittoresque, il donne déjà goût à la chaleur des cordes, à la précision des vents et à la flexibilité exceptionnelle d’un ensemble qui apparaît sous son meilleur jour.

Une symphonie de Haydn met à nu l’excellence chambriste de cette formation mythique. Le chef lui donne ampleur, caractère, style… La cisèle dans les moindres recoins avec la complicité de pupitres qui voient au-delà de «leur propre partie». Une magie inouïe s’invite dans cette interprétation où la précision est synonyme de finesse, non de sécheresse. La perfection technique est éblouissante, cordes et vents confondus, et tous partagent une musicalité qui se réinvente à chaque mesure.

Avec ce même soin accordé au détail et à la construction, s’appuie sur une puissance narrative et expressive émouvante. Le chef suscite la créativité et sait la laisser s’épanouir. D’ailleurs la présence de l’orchestre à la musique est remarquable : les dialogues s’interpellent, les entrées sont amenées avec délicatesse et les contrastes sont saisissants. Là encore la magie opère et l’oreille, captive, s’émerveille d’un propos si singulièrement soigné et lumineux.

L’Orchestre de Cleveland est pareil à un diamant dont les qualités naturelles exceptionnelles, polies avec soin depuis près d’un siècle, semble avoir trouvé celui qui saura le préserver et en révéler toutes les facettes. Le public a su l’apprécier à sa juste valeur et le lui montrer sans demi-mesure.

 

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Paris, Théâtre des Champs-Elysées. 25- X- 2009. Claude Debussy (1862 -1918) : Fêtes (extrait de Nocturnes) ; Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n° 85 en si bémol majeur ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n° 5 en ré mineur op. 47. Cleveland Orchestra, direction : Franz Welser-Möst

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