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Frederica von Stade, la grande classe

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Genève. Grand Théâtre. 17-XI-2009. Lieder et mélodies de Ned Rorem (né en 1923), Gabriel Fauré (1845-1924), Franz Schubert (1797-1828), Richard Strauss (1864-1949), Louis Guglielmi (1916-1991), Francis Poulenc (1899-1963), Aaron Copland (1900-1990), Jake Heggie (né en 1961), Marc Berthomieu (1906-1991), Gioacchino Rossini (1792-1868), Arnold Schoenberg (1874-1951) et Joseph Canteloube (1879-1957). Avec Frederica von Stade, mezzo-soprano ; Martin Katz, piano

Son arrivée sur la scène du Grand Théâtre de Genève déclenche des applaudissements aussi nourris que ceux qui, deux heures plus tard accompagneront son dernier bis. C’est que la visite de soulève une vague de souvenirs liés à son image. Véritable icône de l’art lyrique, elle entre en scène auréolée de son extraordinaire réputation. Sous un boléro rose brodé d’or couvrant une grande robe noire soulignant discrètement une silhouette tout en finesse, la mezzo américaine entame un récital parfaitement construit qu’elle a, dans ses grandes lignes, promené dans cette tournée d’adieux sur une bonne vingtaine de scènes.

Nous sommes à des lieues du «Voi che sapete…» des Noces de Figaro de Mozart tel qu’elle le chantait dans la géniale mise en scène de Giorgio Strehler à l’Opéra Garnier en 1980, mais de la voix charnue et élégante d’alors a perdu de son brillant. Qu’à cela ne tienne, sait accommoder ces manques au plaisir qu’on attend d’elle. Si la chair du chant n’est plus là, derrière la patine des ans l’essence de son art reste intact. Que ce soit dans ces courtes mélodies de ou de ou dans les lieder de Schubert ou de , la mezzo phrase son chant dans la simplicité, dans la dignité, dans la maîtrise en favorisant l’intériorité expressive.

Un récital de grande classe qui, sans chercher à émouvoir à tout prix, laisse son auditoire émerveillé par l’intelligence du propos vocal. Une réussite artistique qui se prévaut de l’admirable complicité du piano de . Avec son toucher d’une rare finesse, il prolonge de sa dentelle musicienne les phrases parfois un peu courtes de la mezzo américaine. Alors qu’elle s’attaque à «La Vie en Rose», on craint la caricature «à l’américaine» de ce monument de la chanson française. Bien au contraire. Sans chercher à faire oublier la grande Edith Piaf, elle en offre une interprétation empreinte d’authenticité amoureuse du plus bel effet. Et quel humour cinglant dans l’air du «Miroir d’Arcadie» tiré des Bretlt-Lieder d’.

En bis, un théâtral et hilarant «Je suis grise» tiré de La Périchole d’Offenbach et un émouvant message dédié à sa fille avec un «Jenny Rebecca» écrit pour elle par clôt le récital Frederica von Stade qui, sans toucher à la transcendance, laisse le souvenir de la visite d’une dame de très grande classe.

Crédit photographique : Frederica von Stade © Terence McCarthy

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Genève. Grand Théâtre. 17-XI-2009. Lieder et mélodies de Ned Rorem (né en 1923), Gabriel Fauré (1845-1924), Franz Schubert (1797-1828), Richard Strauss (1864-1949), Louis Guglielmi (1916-1991), Francis Poulenc (1899-1963), Aaron Copland (1900-1990), Jake Heggie (né en 1961), Marc Berthomieu (1906-1991), Gioacchino Rossini (1792-1868), Arnold Schoenberg (1874-1951) et Joseph Canteloube (1879-1957). Avec Frederica von Stade, mezzo-soprano ; Martin Katz, piano

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