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Le Louvre invite Umberto Eco, sur un air de Berio

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris, auditorium du Louvre. 25-XI-2009. Cathy Berberian (1925-1982) : Stripsody*. Luciano Berio (1925-2003) : Circles** ; Folksongs***. Luciano Berio / Kurt Weill (1900-1950) : Three songs* ; Luciano Berio / Paul McCartney (né en 1942) / John Lennon (1940-1980) : Beatles songs***. Donatienne Michel-Dansac*, Carin Gilfry**, sopranos ; Andrea Hill***, mezzo-soprano. Solistes de l’Orchestre de l’Opéra National de Paris

Musique + Umberto Eco = . Aucune œuvre commune aux deux grands – si ce n’est Thema (Omaggio a Joyce), qui ne comporte pas vraiment de texte. Pourtant ces deux là n’ont cessé de se fréquenter et de travailler ensemble, la musique de Berio étant l’illustration sonore du concept d’»œuvre ouverte» d’Eco. C’est donc fort logiquement autour de ce compositeur qu’ont été programmés les concerts du cycle «Le Louvre invite Umberto Eco». Et comme disait le sémiologue dans Comment voyager avec un saumon : «Je joue de la flûte à bec – de plus en plus mal selon mon ami – ce qui est un compliment».

C’est toutefois par l’unique composition de la «Muse» de Berio (et un temps son épouse) que s’ouvre logiquement le concert. Toutes les œuvres qui suivent ont été composées pour la cantatrice américaine d’origine arménienne. Stripsody, sorte de bande-dessinée musicale, bénéficie du jeu extraverti de , habituée de ce genre de performance vocale. En toile de fond, non les illustrations originales de Roberto Zamarin mais celles d’Eugenio Carmi, un autre comparse d’Umberto Eco. Circles qui suit est du Berio «prima prattica», prolongement du Thema (Omaggio a Joyce), dans lequel la voix est «destructurée», ne gardant du poème d’origine de Cummings que des bribes et des phonèmes. Malgré sa construction clairement perceptible en forme d’arche et la performance vocale de Carin Gilfry – qui s’affranchit des styles puisqu’elle prépare en ce moment Sound of Music au Châtelet – Circles a mal vieilli. Mais cette pièce reste un témoin sonore de ces années 60 où tout sembait possible.

La seconde partie nous présentait un Berio plus «classique», revisitant chants populaires, comédies musicales ou pop music, au travers de trois de ses partitions les plus jouées. affirme son affinité dans les Folksongs (déjà donnés lors du Festival Présences 2008/09), malgré l’acoustique peu flatteuse pour les voix de l’Auditorium du Louvre. L’interprétation y est plus fougueuse, plus extravertie, et pour une fois les percussions ne saturent pas l’espace sonore. revient interpréter les Three songs de orchestrés par Berio, quitte à les transposer par rapport à la version originale – , tout comme la cantatrice annoncée ce soir, Letitia Singleton, souffrante et remplacée, sont des mezzos. Après cet «interlude cabaret», reprend – comme à Présences 2008/09 – les Beatles songs, trois tubes des Beatles (Yesterday, Ticket to Ride, Michelle) transformés en exercice de style et délicieusement interprétés, avec la distanciation nécessaire.

Crédit photographique : Andrea Hill © Photofilcro 2008

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