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Bruxelles. 29-XI-2009. Guo Wenjing (né en 1956) : Chou Kong Shan (3e mouvement), concerto pour zhudi et orchestre, Op. 18/2 ; Nicolo Paganini (1782-1840) : concerto pour violon et orchestre n°1 en ré majeur, Op. 6 ; Serge Rachmaninov (1873-1943) : symphonie n°3 en la mineur, Op. 44. Tang Junqiao, flûte ; Ning Feng, violon ; Orchestre national de Belgique, direction : Tan Lihua

La saison Europalia Chine conduit le public vers de belles découvertes artistiques. Cette matinée de l’ en est la preuve avec un programme bigarré mi-chinois, mi-européen qui visite de nombreuses latitudes avec compétence et style.

On ne se souvenait guère de , cinquième lauréat du Concours reine Elisabeth 2001 ; pourtant ce violoniste en impose dans le concerto n°1 de Paganini. Redoutable d’exigences techniques, cette partition est souvent malmenée par des solistes en parade technique et aux idées musicales inexistantes. fait valoir un sens du rythme et des couleurs qui s’appuient sur une large variété de nuances et une précision technique à toute épreuve. L’artiste tire un son brut et assez massif d’un instrument contemporain (un Stefan Greiner de 2007). Il livre une interprétation puissante, échevelée mais musicale avec une justesse de ton que l’on entend rarement dans cette œuvre et qui est la marque des grands. Le chef d’orchestre , directeur musical de l’orchestre de Pékin, accompagne le concertiste avec sens du legato et de la respiration et il évite le côté batterie fanfare «zim boum», d’une orchestration gère inspirée. En ouverture, la flûtiste avait rejoint l’orchestre pour un bel extrait d’un concerto de . Cette partition sonne de manière assez personnelle avec un souci des effets dramatiques et un beau sens de la construction dans une intéressante fusion de l’art chinois (flûte traditionnelle soliste et percussions chinoises) et de l’orchestre symphonique occidental.

Le chef donne toute la mesure de son talent dans la symphonie n°3 de Rachmaninov et impose sa marque à un orchestre national discipliné et concentré. Sous sa battue, l’orchestre sonne avec une belle générosité des pupitres de cordes et une grande précision chez les cuivres. Les symphonies de Rachmaninov restent des œuvres de chef et il faut un solide «bras» pour les transcender. Tan Lihua sait unifier les épisodes et emporter la pièce, avec sens du dramatisme, jusqu’à l’explosion finale. L’orchestre répond avec efficacité aux sollicitations de son chef dans une œuvre qui passe tous les pupitres au scanner. Le solide travail effectué par Walter Weller, directeur musical de la formation bruxelloise, ne cesse de porter ses fruits.

Crédit photographique : photo © DR

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Bruxelles. 29-XI-2009. Guo Wenjing (né en 1956) : Chou Kong Shan (3e mouvement), concerto pour zhudi et orchestre, Op. 18/2 ; Nicolo Paganini (1782-1840) : concerto pour violon et orchestre n°1 en ré majeur, Op. 6 ; Serge Rachmaninov (1873-1943) : symphonie n°3 en la mineur, Op. 44. Tang Junqiao, flûte ; Ning Feng, violon ; Orchestre national de Belgique, direction : Tan Lihua

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