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Cédric Andrieux, autoportrait d’un danseur

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Théâtre de la Ville. Dans le cadre de l’hommage à Merce Cunningham. 14-XII-2009. Cédric Andrieux. Concept : Jérôme Bel. De et par Cédric Andrieux. Avec des extraits de Newark de Trisha Brown ; Biped et Suite for 5 de Merce Cunningham ; Nuit fragile de Philippe Tréhet et The show must go on de Jérôme Bel. Répétiteurs : Jeanne Steele (Merce Cunningham), Lance Gries (Trisha Brown).

Confession d’un danseur du siècle, cet autoportrait intime propose au spectateur une mise à nu très contrôlée.

« Arrête de faire ton intéressant » lui disait sa mère, danseuse contemporaine amateur à Brest dans les années 80. Téléspectateur de la série Fame, le jeune , né en 1977, fréquente assidument le Quartz, scène nationale de Brest où se produisent les chorégraphes de la nouvelle danse française. Il décide de devenir danseur professionnel deux ans après avoir commencé cette discipline et est reçu, contre toute attente, au Conservatoire National Supérieur de Danse et de Musique de Paris, « la version française de Fame ». Lors de l’examen de sortie, la qualité et l’intensité du mouvement dans son interprétation de Nuit fragile, solo de , lui valent un Premier Prix. Il rejoint aussitôt Jennifer Muller à New York, où il complète son maigre salaire de 600 dollars par mois en posant pour des tableaux. A 22 ans, il est engagé par , toujours à New York, compagnie dans laquelle il restera huit ans. L’année de ses 30 ans, revient en France, où il intègre le Ballet de l’Opéra de Lyon deux jours après la fin de son contrat new-yorkais. Il voulait connaître autre chose que la danse de Merce. A Lyon, la multiplicité des écritures chorégraphiques auxquelles il est confronté dépasse ses attentes.

Cédric Andrieux a aujourd’hui trente-deux ans. Il est grand, blond et a les cheveux très courts. Pour cet autoportrait éponyme, il arrive sur le vaste plateau du Théâtre de la Ville en pantalon de survêtement et sweat gris à capuche, muni d’un sac de sport avachi. Muni d’un micro invisible, il raconte sa vie de danseur depuis ses premiers pas dans un cours de danse. Elaboré par échange de mail, ce témoignage très écrit est savamment contrôlé par le chorégraphe , concepteur du projet, qui a déjà signé des portraits similaires pour la danseuse classique ou un danseur de Pina Bausch.

Cédric Andrieux ponctue son récit d’extraits de pièces ou du début du cours quotidien de la Merce Cunnigham Company. Comme dans une master class, il commente son travail de répétition en direct, ne nous privant pas des réflexions et des sentiments qu’il pouvait éprouver à l’époque en exécutant des mouvements de plus en plus difficiles. Cette démonstration un peu fastidieuse a le mérite de nous faire entrer à l’intérieur du travail de création du chorégraphe américain, qui concevait ses chorégraphies sur ordinateur avant de donner ses instructions aux danseurs.

Ce solo confession témoigne d’une volonté très naturaliste, dépouillée et sans afféterie, de dire et de montrer le travail du danseur contemporain. Mais les nombreux temps morts (changement de costume, temps de récupération…) et la quasi absence de musique rendent cet autoportrait un peu austère. Lucide sur lui-même et sur les chorégraphes, Cédric Andrieux n’est pourtant pas exempt d’humour et d’autodérision. On rit beaucoup, aussi bien à l’évocation de ses années d’adolescent à Brest qu’à l’expression de sa perplexité devant ce que lui demandent certains chorégraphes. Jusqu’à l’émouvante confession finale, quand le danseur devient, lui aussi, spectateur de la salle.

Crédit photographique : © Cédric Andrieux

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