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La Sonnambula entre à l’Opéra de Paris, enfin !

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Paris. Opéra Bastille. 25-I-2010. Vincenzo Bellini (1801-1835) : La Sonnambula, melodramma en deux actes sur un livret de Felice Romani. Mise en scène, décors, lumière : Marco Arturo Marelli. Costumes : Dagmar Niefind. Natalie Dessay, Amina ; Javier Camarena, Elvino ; Marie-Adeline Henry, Lisa ; Michele Pertusi, Il Conte Rodolfo ; Cornelia Oncioiu, Teresa ; Nahuel di Pierro, Alessio ; Juan-Hong Zhao, un notaire. Chœur de l’Opéra National de Paris (chef de chœur : Patrick Marie Aubert). Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction : Evelino Pidò.

C’est dans la version du Staatsoper de Vienne et la présence tant attendue de Nathalie Dessay que l’Opéra de Paris ajoute la Sonnambula de Bellini à son répertoire. Son intrigue n’attend qu’une chose, qu’on l’interprète et sa musique, qu’on y succombe.

La veille de son mariage, Amina, atteinte de somnambulisme, est accusé d’adultère par Elvino, son futur époux. Le conte de fée se dégrade : rien ne lui permet de prouver le contraire. Orpheline, incomprise, elle attendait ce mariage pour enfin vivre l’amour et le bonheur absolu.

Il est si rare d’être émerveillé par une mise en scène qu’on finit par être reconnaissant qu’elle ne gâche pas tout. Celle de limite ainsi les dégâts mais également sa fonction. Il n’est jamais facile de donner à voir la simplicité et dans cet opéra, elle ne manque pas. Chaque air est une ode à la pureté du sentiment. En installant l’histoire dans un hôtel luxueux des Alpes, dans le marbre, les moulures, les espaces surdimensionnés, la pureté de l’amour d’Amina et d’Elvino – ces petites gens – acquiert toute sa valeur. C’est là que réside le génie du décor et l’utilité de sa grandiloquence.

L’hôtel n’est pas le seul à manquer d’authenticité : la direction d’acteurs, parfois ennuyeuse, parfois surfaite (Lisa, rivale d’Amina, marchant avec une seule chaussure) oscille sans conviction entre le drame et la comédie. C’est le jeu et la musicalité individuels qui trouvent finalement le chemin du cœur. , malgré l’annonce officielle d’une petite forme, campe une somnambule touchante et aussi fragile que techniquement solide, se pliant aux épisodes équilibristes (chanter couchée sans raison) et à la richesse du rôle avec le dévouement qu’on lui connaît. Face à la sensibilité et à la présence épanouie de dans un parfait Elvino, son chant apparaît parfois figé dans des stéréotypes mais il se délie à la fraîcheur de ce contact et dépasse peu à peu ses acquis («Elvino! e me tu lasci»).

(Lisa) réussit parfaitement à se faire haïr tout comme à imposer un Conte badin mais paternel. en Teresa, la mère d’adoption, nous permet, l’espace d’un instant (Menzognera !), de mesurer la justesse de son approche du drame et son lyrisme, à la fois tendre et fébrile. Avec enfin (Alessio) nous rappelant à la comédie, la distribution confirme son excellente tenue vocale et sa musicalité. Le chef lui, opte trop définitivement pour le drame et bien que menant le tout de main de maître, l’accompagnement s’affaisse, les scènes d’ensemble manquent d’allant et de cette énergie propre au bel canto.

C’est un opéra à voir car même si la mise en scène a ses limites – nous oublierons à cet effet la transformation finale d’Amina en diva verdienne – la musique, le casting et même le décor valent largement le déplacement.

Crédit photographique : Nathalie Dessay © Opéra de Paris / Julien Benhamou

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Paris. Opéra Bastille. 25-I-2010. Vincenzo Bellini (1801-1835) : La Sonnambula, melodramma en deux actes sur un livret de Felice Romani. Mise en scène, décors, lumière : Marco Arturo Marelli. Costumes : Dagmar Niefind. Natalie Dessay, Amina ; Javier Camarena, Elvino ; Marie-Adeline Henry, Lisa ; Michele Pertusi, Il Conte Rodolfo ; Cornelia Oncioiu, Teresa ; Nahuel di Pierro, Alessio ; Juan-Hong Zhao, un notaire. Chœur de l’Opéra National de Paris (chef de chœur : Patrick Marie Aubert). Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction : Evelino Pidò.

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