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Les Dissonances et David Grimal : Beethoven sans chef mais pas sans cœur…

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Dijon. Auditorium. 12-III-2010. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°1 en ut majeur ; Concerto pour violon en ré majeur. Thierry Escaich (1965) : Quatuor à cordes d’après la sonate Waldstein de Beethoven. Orchestre des Dissonances. David Grimal, violon.

Entièrement consacré à Beethoven, le concert donné par , ensemble composé des solistes des plus grands orchestres internationaux en résidence à l’Opéra de Dijon depuis l’année dernière, offre une particularité : l’orchestre joue ici sans chef. Et ce, même si l’impressionnant violoniste mène la danse, en témoigne le très beau concerto de violon qu’il interprète somptueusement en deuxième partie : lignes mélodiques conduites, pas trop vibrées mais chantantes, trilles précis et dynamiques, tempi adéquats… L’orchestre, fidèle à lui-même, soutient le soliste, lui répond, le bouscule, fait corps avec lui… Une osmose entre orchestre et soliste, et également entre tous les instrumentistes de l’orchestre : l’habitude de jouer ensemble, de s’écouter, de se connaître est un gage de qualité qui a déjà séduit le public dans la première partie, dans l’interprétation de la Symphonie n°1. Déjà là, tout portait à prédire que la soirée allait être à la fois émouvante et dynamisante, comme la musique de Beethoven dont il était question.

Mais outre Beethoven en tant que tel, ce concert était aussi intéressant grâce à la deuxième pièce jouée en première partie : le Quatuor à cordes d’après la sonate Waldstein de Beethoven de Thierry Eschaich. Donc concrètement, une relecture de la sonate pour piano par une oreille du XXIe siècle. Et pour un résultat étonnant et convainquant. Le compositeur travaille en effet sur le matériau de la Waldstein, comme les notes répétées du premier mouvement beethovénien qu’il confie aux différents instruments, principalement le violoncelle, ou encore les appoggiatures, etc. mais dans un langage atonal et une écriture particulière, en témoignent les harmoniques du début. Les instrumentistes du quatuor, là encore, ont fait montre à la fois de sensibilité, d’inspiration, avec une technique irréprochable pour une émotion et un enthousiasme avérés du public.

Ce public, conquis par la vaine beethovénienne ambiante salua la prestation des instrumentistes et reçut pour sa plus grande joie, deux bis encore très entraînants. Du grand art, filmé et enregistré pour l’occasion, une fois n’est pas coutume. Il ne reste plus qu’à attendre de retrouver , toujours sans chef, et toujours dans Beethoven en mai prochain…

Crédit photographique : © Gilles Abegg Opéra de Dijon

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Dijon. Auditorium. 12-III-2010. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°1 en ut majeur ; Concerto pour violon en ré majeur. Thierry Escaich (1965) : Quatuor à cordes d’après la sonate Waldstein de Beethoven. Orchestre des Dissonances. David Grimal, violon.

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