Nathalie Manfrino et Saimir Pirgu, l’épreuve du feu

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Salle Pleyel. 08-IV-2010. Charles Gounod (1818-1893) Roméo et Juliette : prologue de l’acte I, valse de Juliette, duo « nuit d’hyménée ». Jules Massenet (1842-1912) Werther : « Pourquoi me réveiller » ; Thaïs : extrait du ballet, « dis-moi que je suis belle » ; Manon : duo de Saint Sulpice. Vincenzo Bellini (1801-1835) I Capuletti e i Montecchi : « Eccomi in lieta vesta » Gaetano Donizetti (1797-1848) L’elisir d’amore : « une furtiva lagrima », « una parole, o Adina » Giuseppe Verdi (1813-1901) La Traviata : prélude de l’acte III, « Addio del passato », Brindisi ; Rigoletto « la donna e mobile ». Orchestre National de Lille, direction  : Patrick Fournillier ; Nathalie Manfrino, soprano ; Saimir Pirgu, ténor.

L’épreuve du feu, comme le titre le programme de la Salle Pleyel, c’est le premier grand récital à Paris pour de jeunes chanteurs déjà connus, à qui manque encore la consécration dans la capitale. Ils se sont mis à deux pour la surmonter : , le sourire le plus craquant du monde lyrique, radieuse dans ses robes Azzaro, et , beau et basané comme seul un jeune ténor charismatique peut l’être. Un couple opératique parfait, idéalement appariés et merveilleusement crédibles. Un délice quand il s’agit de duos célèbres, celui de Saint-Sulpice de Manon ou de l’elisir d’amore, mimés, voire vécus, comme s’il existait une mise en scène. Et que dire du brindidi de La Traviata qui clôturait le récital, et qui a enthousiasmé la salle entière ? L’acoustique de la Salle Pleyel est connue pour étouffer les voix trop légères, avec ces deux-là, pas de problèmes !

La première partie du programme était dédiée à l’opéra français, la deuxième à l’opéra italien. Les deux chanteurs sont autant à leur aise dans l’une que dans l’autre, aussi bien dans le style que dans la prosodie. Mais on prédit quand même à une carrière plus italienne, question de tempérament, de technique, de façon d’émettre les aigus, de pudeur, même. , pourtant plus connue dans le répertoire français, est idéale dans les deux, sensuelle à se damner dans Thaïs, particulièrement prometteuse dans une Traviata dont on aimerait bien entendre l’intégralité.

L’orchestre, pas vraiment à la hauteur, a sonné orphéonesque dans Verdi et Donizetti, et bien peu transparent dans Massenet. On attendait mieux de .

Les bis ont été copieux et ont enflammé la salle : l’air de La Wally, un électrisant «La mia letizia infondere» des Lombardi de Verdi, et le duo «Addio, speranza ed anima» de Rigoletto. Une salle pas complètement remplie, peut-être, mais majoritairement composée de mélomanes connaisseurs, venus entendre ce qui manque dans la capitale : des voix jeunes, enthousiastes, pas encore gâtées par le strass et les paillettes, mais prêtes à prendre la relève.

Crédit photographique : © Nathalie Manfrino

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