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Pittsburgh Symphony Orchestra, le sixième Big Five

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Paris, Salle Pleyel 17-V-2010. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 77. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°5 en ré mineur op. 47. Anne-Sophie Mutter, violon. Pittsburgh Symphony Orchestra, direction : Manfred Honeck

Les Big Five sont, selon les critiques musicaux américains des années 60, les orchestres de New York, Boston, Chicago, Philadelphie et Cleveland. Qui pourrait être le sixième ? L’Orchestre Symphonique de Pittsburgh pourrait se confirmer à cette place…

Pour sa tournée européenne (du 15 au 29 mai), Manfred Honeck, directeur musical de cet orchestre depuis 2008, n’amène pas moins qu’ dans le Concerto de . Brushing parfait, maquillage subtil, engoncée dans sa robe-fourreau noire, la célèbre violoniste termine quarante minutes plus tard sous un tonnerre d’applaudissements. Le brushing et le maquillage n’ont pas bougé. Un véritable one-woman-show à l’américaine, irréprochable, dans une interprétation rassemblant toutes les données habituelles du romantisme : son généreux, rubato excessif – mais pas trop, engagement physique total. L’orchestre, au grand complet, ne la couvre jamais. Du très grand art, terminé par une habituelle Sarabande de la Partita n°2 de Bach, qui alterne retenue pudique et épanchements romantiques. se paye même le luxe de faire lever à deux reprises l’orchestre.

Contrairement aux habitudes, le public n’est pas parti après la prestation de la « star ». Bien lui en a pris. Alternant la Symphonie n°1 de Mahler et la n°5 de dans cette tournée européenne, c’est cette seconde œuvre que a réservé pour Paris, quelques mois après les lectures faites par Daniele Gatti et le National et Franz Welser-Möst et l’Orchestre de Cleveland. Abondance de biens ne nuit pas, la lecture par de cette « réponse d’un artiste soviétique à de justes critiques » vaut le déplacement, d’autant que la concurrence symphonique, avec la Staatkapelle de Dresde le même soir au TCE, était rude. Après un très classique premier mouvement, qui confirme l’excellence du , Manfred Honeck et ses troupes se déchaînent, avec un Scherzo sardonique à souhait, un Adagio quasiment mahlérien, et un finale angoissant a possible, dans un tempo inhabituellement lent, le rendant encore plus lourd et oppressant. Triomphe délirant du public, gratifié de trois bis : un très contrasté et contrastant Matin (extrait de Peer Gynt) de Grieg, le Galop issu de Mascarade d’Aram Khatchatourian et une Danse hongroise n°5 prise dans un tempo délirant. Le , sixième des Big Five !

Crédit photographique : Manfred Honeck © Dietmar Stiplousek

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Paris, Salle Pleyel 17-V-2010. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 77. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°5 en ré mineur op. 47. Anne-Sophie Mutter, violon. Pittsburgh Symphony Orchestra, direction : Manfred Honeck

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