Les belles heures du Lac des Cygnes par le Ballet de Novossibirsk

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Paris. Théâtre du châtelet. 16-VII-2010. Ballet de Novossibirsk. Le Lac des Cygnes. Chorégraphie : d’après Marius Petipa et Lev Ivanov, révision d’Igor Zelensky. Musique : Piotr I. Tchaïkovski. Décors et costumes : Luisa Spinatelli. Orchestre National d’Ile-de-France, direction : Evgueny Volinsky. Avec : Olesya Novikova, Odette/Odile ; Leonid Sarafanov, Siegfried ; Mikhail Lifentsev, Von Rothbart ; Mikhail Kemenov, Le bouffon ; Yulia Kutnyakova, La reine Mère, et les danseurs du Ballet de Novossibirsk.

C’est une très belle production du Lac des Cygnes que nous a présenté la troupe du , l’une des compagnies les plus importantes de Russie. Actuellement dirigée par , la compagnie n’était pas venue en France depuis 1967. Le Lac des Cygnes est un véritable monument devenu mythe. Si lors de sa création en 1877 le ballet n’eut que très peu de succès, il est devenu depuis le plus populaire des ballets classiques. Mainte fois revisité, il nous fut ce soir décliné dans sa version «  et  » de 1895, laquelle a été revisitée par Igor Zelenski. Une version dramaturgiquement assez éloignée de la variante signée par Noureev, peut-être plus connue du public français. Les décors sous forme de toiles peintes, imaginés par Luisa Spinatelli, confèrent poésie et douceur à une mise en scène simple, mais efficace. Le niveau de la troupe est bon, voire excellent : les lignes sont belles, les visages souriants, la technique incisive et les potentiels élevés. Une personnalité domina toutefois la soirée : , soliste du Théâtre du Mariinski. Lyrique, émouvante et lumineuse, elle est tout simplement superbe. Ses légers mouvements de tête, ses délicats ports de bras, ses arabesques voluptueuses et son maintien altier contribuèrent à faire d’elle l’une des plus jolies Odette/Odile qu’il nous ait été donnée de voir. Elle exploita avec intelligence, sans aucune démonstration superflue, les tensions dramatiques inhérentes à l’intrigue. Son partenaire masculin, l’étoile du Mariinski , campa un Siegfried juvénile et doté d’une belle virtuosité technique. Il s’appropria le personnage d’une manière inhabituelle, mais percutante. La singularité de son interprétation résulte d’une étonnante combinaison : sa réserve presque enfantine semble constamment contredite par l’étonnante intensité qui émane de sa personne. On n’oubliera pas de citer l’excellente direction orchestrale d’Evgueny Volinsky, lequel sut restituer la partition contrastée et subtile de Tchaïkovski.

Crédit photographique : photo © Théâtre du Châtelet

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