Yuja Wang, essai partiellement transformé

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Igor Stravinsky (1882-1971) : Trois Mouvements de Petrouchka. Domenico Scarlatti (1685-1757) : Sonate en mi majeur K.380 ; Sonate en fa mineur K.466. Johannes Brahms (1833-1897) : Variations sur un thème de Paganini op.35. Maurice Ravel (1875-1937) : La Valse. Yuja Wang, piano. 1 CD Deutsche Grammophon 477 8795, code barre : 0 28947 78795 2. Enregistré salle Friedrich-Ebert, Hambourg, en janvier 2010. DDD. Notice trilingue (anglais, allemand, français). Durée : 58’27

 

L’idée de transformation habite le bouddhisme. Et la pianiste l’illustre musicalement dans ce choix audacieux de solides partitions. Dans Petrouchka d’, la marionnette se transforme pour un temps en être humain tandis que fait subir au thème des Variations sur un thème de Paganini de nombreuses et brillantes métamorphoses.

Plus tard exercera génialement ce pouvoir de modification dans le déroulement de sa Valse. Quant à il inventera en quelque sorte 555 versions du type sonate pour le clavier. Voilà un programme des plus copieux. Le résultat se hisse-t-il à la hauteur des espérances que sous-entendent ces musiques ? La plus évidente des déceptions provient de l’exécution de deux des Sonates de totalement dépourvues de style. Leur apparente simplicité technique nécessite en contrepartie un supplément d’âme et d’inspiration, un peu à l’identique de ce qu’exigent les sonates de Joseph Haydn et W.A. Mozart par exemple. La pianiste s’élance à corps perdu dans trois mouvements tirés de la suite de Petrouchka et s’en sort plutôt bien au plan des nécessités techniques et donne vie à l’exubérance de cette partition. Les Variations op. 35 de Brahms reçoivent une lecture satisfaisante, bien qu’excessivement polie, soulignant les multiples facettes stylistiques de l’invention du maître allemand. Pour finir le programme la déception réapparaît avec une Valse de Ravel peu structurée, à la progression dramatique torpillée et un manque d’unité défigurant les exigences d’une partition qui n’en manque pas.

Pour autant, demeure une pianiste de très haut niveau technique mais elle manque sans aucun doute de la maturité et de la hauteur de vue qu’impose un rendu impeccable de ces musiques défendues par les plus fameux interprètes. La précipitation et l’absence de recul aboutissent trop souvent à des produits inaboutis et décevant même si ce témoignage n’est pas totalement dépourvu d’élégance, de couleur, d’allure et parfois de fulgurance.

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