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Mireille Delunsch et Marie-Josèphe Jude, jardin d’Eden et jardin clos

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Gabriel Fauré (1845-1924) : La chanson d’Ève op. 95 ; Le jardin clos op. 106 ; Mélodies op. 51 et op. 76 ; Poème d’un jour op. 21. Mireille Delunsch, soprano ; Marie-Josèphe Jude, piano. 1 SACD Lyrinx LYR2257. Code barre : 3700232222573. Enregistré du 16 au 18 septembre 2007, à la Chapelle des Dames réunies, à Marseille. Notice bilingue (français, anglais), textes chantés traduits en anglais. Durée : 60’04’’

 

La chanson d’Ève et Le jardin clos, cycles habituellement peu fréquentés dans l’œuvre de , bénéficient de deux nouveaux enregistrements récents. Après Karine Deshayes et Hélène Lucas, c’est et qui se penchent sur ces fruits tardifs. Ces mélodies très dépouillées exposent clairement les forces et les faiblesses de la chanteuse : une justesse remarquable, des phrasés d’une subtilité singulière, mais aussi des attaques souvent gâchées, des passages qui désarçonnent car le soutien disparaît et l’articulation devient inintelligible. La poésie désincarnée de Charles Van Lerberghe constitue presque un défi pour l’une des personnalités les plus marquantes de la scène française, d’autant qu’elle ne peut compter sur la sensualité du timbre qu’y mettaient Irma Kolassi (Testament) ou Janet Baker (Hyperion). La blancheur de la voix et le souci évident de sobriété finissent par donner une impression de pâleur lumineuse, à l’image de la photo délavée qui illustre le disque. Cela n’empêche pas des réussites, comme dans Inscription sur le sable et à la fin de La chanson d’Ève, où le grave un peu rauque crée une angoisse diffuse. Les mélodies choisies en complément montrent un chant plus ardent, et, malgré d’occasionnelles acidités, on se laisse séduire par l’intensité inhabituelle que confère au raffinement de Leconte de Lisle (La Rose, Le parfum impérissable) et à la banalité du Poème d’un jour. Les Verlaine, un peu lymphatiques, sont moins convaincants.

Pour La chanson d’Ève, on serait tenté de ranger cette version avec celles de Dawn Upshaw (Nonesuch) et de Véronique Dietschy (Ades), dans la catégorie des interprétations subtiles, mais dont les particularités vocales peuvent rebuter. Pourtant, l’accompagnement de donne un prix particulier à cet album, encore que la prise de son réverbérée ne mette guère son jeu en valeur. Tantôt riche et mœlleux, tantôt raréfié, d’une attention sans relâche, le piano accompagne la moindre inflexion de la chanteuse avec une présence poétique qui mérite d’être soulignée.

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Gabriel Fauré (1845-1924) : La chanson d’Ève op. 95 ; Le jardin clos op. 106 ; Mélodies op. 51 et op. 76 ; Poème d’un jour op. 21. Mireille Delunsch, soprano ; Marie-Josèphe Jude, piano. 1 SACD Lyrinx LYR2257. Code barre : 3700232222573. Enregistré du 16 au 18 septembre 2007, à la Chapelle des Dames réunies, à Marseille. Notice bilingue (français, anglais), textes chantés traduits en anglais. Durée : 60’04’’

 
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