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Paavo Järvi réinvente Schumann

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Bonn. 11-IX-2010. BeethovenHalle. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Ouverture n°3 de Leonore en do mineur, Op. 72a, Ouverture des Créatures de Prométhée, 0p. 43 ; Robert Schumann (1810-1856) : concerto pour violoncelle et orchestre en la mineur, Op. 129, symphonie n°2, en do majeur, Op. 61. Sol Gabetta, violoncelle ; Deutsche Kammerphilharmonie Bremen, direction : Paavo Järvi.

BeethovenFest

Si les saisons commencent progressivement, les derniers festivals de l’été continuent pourtant de briller. Ces premiers jours du mois de septembre voient l’ouverture de BeethovenFest à Bonn, dans la ville natale du compositeur. Ce week-end d’ouverture était marqué par la venue, toujours très attendue, de la Deutsche Kammerphilharmonie et de chef . Fidèles de la manifestation, le chef et ses musiciens mettent à l’honneur Schumann, sans oublier Beethoven. Si le premier est naturellement à l’honneur à l’occasion des 200 ans de sa naissance, le second est au cœur du travail de cet orchestre depuis de nombreuses années.

Dans les ouvertures de Beethoven, et ses philharmonistes de chambre continuent de sonder les moindres recoins de cette musique, comme ils l’ont fait à l’occasion de leur cycle des symphonies (enregistré pour RCA). Les moindres détails, la moindre inflexion des nuances ou la plus petite des attaques deviennent audibles grâce à un chef qui analyse le texte mais qui garde regarde toujours vers l’avant. Les ouvertures de Leonore et des Créatures de Prométhée sonnent de manière véritablement théâtrale avec une logique parfaite dans les transitions et la gestion des dynamiques.

Les symphonies de Schumann sont au cœur des concerts actuels et des projets discographiques de ce tandem. Paavo Järvi y continue son approche à la fois analytique, tonique et logique. Mais son geste n’est jamais brutal ou didactique et il s’avère profondément romantique et passionné. Ce Schumann, tempétueux et nostalgique trouve ici l’un de ses plus grands interprètes. Marque des talents d’exception, le chef donne un petit coup d’accélérateur quand il le faut pour marquer les transitions ou les contrastes, comme dans la coda du second mouvement emportée dans un tumulte orchestral véritablement explosif et nerveux. La grande force du chef est de toujours faire ressortir des détails souvent inaudibles au concert à l’image d’un second mouvement à la plastique irréprochable à l’élan fougueux mais aussi songeur. L’orchestre est absolument parfait dans sa sonorité à la fois riche et puissante mais surtout dans son fini instrumental. Les passages fortissimos et les nuances les plus infinitésimales ne prennent jamais à défaut ces musiciens, tout tombe en angle droit, sans la moindre scorie.

Le concerto pour violoncelle de Schumann est toujours très difficile à «habiter» en concert. L’accompagnement orchestral est assez mécanique et la partie soliste ne fait guère briller la virtuosité. La jeune se tire honorablement de sa tâche même si ses tempi, assez retenus, ne masquent pas un manque d’inspiration. L’artiste tire pourtant de son violoncelle une sonorité ample et chaude qui ne demande qu’à s’affirmer. Nous allons aussi enregistrer un disque Fauré.

Ce concert, diffusé en direct dans la ville, se clôt par deux bis : «l’allegretto scherzando» de la symphonie n°8 de Beethoven, réglé comme une horloge et la Valse triste de Sibelius. Ces deux petites pièces montrent encore la force du lien entre le chef et l’orchestre !

Crédit photographique : Paavo Järvi © Ixi Chen

Die Deutsche Kammerphilharmonie

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Bonn. 11-IX-2010. BeethovenHalle. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Ouverture n°3 de Leonore en do mineur, Op. 72a, Ouverture des Créatures de Prométhée, 0p. 43 ; Robert Schumann (1810-1856) : concerto pour violoncelle et orchestre en la mineur, Op. 129, symphonie n°2, en do majeur, Op. 61. Sol Gabetta, violoncelle ; Deutsche Kammerphilharmonie Bremen, direction : Paavo Järvi.

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