Saint-Saëns comme au bon vieux temps par François-Xavier Roth

À emporter, CD, Musique symphonique

Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Symphonie n°3 « avec orgue » op. 78 ; Concerto pour piano n°4 op. 44. Daniel Roth, orgue. Jean-François Heisser, piano. Les Siècles, direction : François-Xavier Roth. 1 CD Les Siècles live. Référence et code barre : 7 94881 97692 8. Livret bilingue (français, anglais). Enregistré en concert les 16 mai 2010 à l’église Saint-Sulpice et 16 juin 2009 à l’Opéra-Comique, Paris. Durée totale : 61’22’’

 

On sait l’attachement des musiciens de l’orchestre et de leur chef à jouer sur instruments tantôt d’époque, tantôt modernes. Ils nous proposent dans leur dernier enregistrement la première captation de la magistrale symphonie de sur instruments anciens, dont le fameux orgue Cavaillé-Coll de l’église Saint-Sulpice à Paris.

Ce formidable instrument doit attendre le final pour révéler l’ampleur de sa sonorité ; mais quel son ! Et avec quelle délicatesse Daniel Roth tresse les guirlandes ornementales au-dessus de l’austère choral ! Pour le reste, l’orchestre est impeccable, et la captation un peu lointaine, un peu étouffée aussi (due à l’acoustique du lieu), pour gênante qu’elle puisse sembler de prime abord, apporte à l’œuvre une atmosphère de mystère bienvenue, que ce soit dans l’introduction du premier mouvement ou dans le Poco Adagio suivant. Le Scherzo quant à lui est jubilatoire quoiqu’un peu brouillon au début du premier trio, seul véritable bémol à cette interprétation exemplaire.

Le Concerto quant à lui, tout à fait passionnant du point de vue de l’innovation formelle, pose un réel souci de prise de son. L’instrument sur lequel officie , un Erard de 1874, a une sonorité perlée proche du pianoforte, reconnaissable entre toutes et proprement délectable. Par un souci d’équilibre sans doute, la captation distingue très nettement cet instrument de l’orchestre, situé loin là-bas dans le fond … L’effet produit est celui d’une sorte de dialogue de sourds entre ces deux instances ; heureusement, nous avons là affaire à des sourds qui se sont bien trouvés : impeccables dans leur vision de l’œuvre, ils jouent et respirent de concert ! Reste que cette répartie en sourdine, si elle sied au premier mouvement, manque de piquant dans l’Allegro vivace suivant. On aurait souhaité davantage d’équilibre, c’est dommage.

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