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Francesco Ventriglia, peut-on tout danser ?

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Genève. Grand Théâtre. 5-X-2010. Sed Lux Permanet. Transit Umbra : Die Verklärte Nacht d’Arnold Schœnberg (1874-1951). Chorégraphie, scénographie et costumes : Francesco Ventriglia. Lumières : Rémi Nicolas. Sed Lux Permanet : Requiem de Gabriel Fauré (1845-1924). Chorégraphie : Ken Ossola. Scénographie et costumes : Jean-Marc Puissant. Lumières : Kees Tjebbes. Ballet du Grand-Théâtre de Genève. Polina Pasztircsak, soprano ; Markus Werba, baryton. Chœur du Grand Théâtre de Genève (chef de chœur : Ching-Lien Wu), Orchestre de la Suisse Romande, direction : Karl Anton Rickenbacher

Peut-on tout danser ? Peut-être était-ce un pari trop grand que de chorégraphier des œuvres aussi fortes que Die Verklärte Nacht d’Arnold Schœnberg et le Requiem de Gabriel Fauré. Reste que l’expérience tentée avec audace par le Ballet du Grand Théâtre de Genève pouvait s’ériger en rêve. Peut-être même qu’avec des musiques aussi magnifiquement lyriques, la danse pouvait les sublimer dans l’expression des corps. Encore fallait-il que la danse raconte ce que la musique suggérait. Or, les deux chorégraphes appelés à cette expérience n’ont pas réussi à faire rêver le spectateur. Bien sûr, le Ballet du Grand Théâtre de Genève a montré sa parfaite préparation technique dans les chorégraphies souvent complexes, mais l’émotion n’était pas au rendez-vous.

Arnold Schœnberg compose Die Verklärte Nacht en s’inspirant du poème homonyme de . Un poème qui raconte la randonnée nocturne de deux êtres dont les destinées immédiates semblent les opposer mais que la nuit transfigure pour les rapprocher. Le poème d’un cheminement amoureux que le chorégraphe ne parvient pas exprimer. On danse certes. On danse bien même. Mais est-il vraiment indispensable d’occuper toute l’ouverture de scène du théâtre avec les vingt-deux danseurs du ballet courant d’un bord à l’autre de la scène ? La vérité et la beauté de cette musique surgissent dans les climats clairs-obscurs que l’ expose superbement sous la baguette investie et reposante de . Des ambiances qui se retrouvent que lors des rares moments où le plateau n’est occupé que par un seul couple de danseurs.

Si Die Verklärte Nacht a souffert de l’abstraction faite au poème de Dehmel, la spiritualité du Requiem de Fauré semble ne pas se prêter à la danse en dépit de la grandeur spirituelle de sa musique. Le chorégraphe offre un ballet qui techniquement s’avère d’une grande exigence dans les ensembles mais dont l’expressivité reste bien éloignée du discours sacré de l’œuvre de Fauré. Comme son collègue , semble obnubilé par le remplissage scénique alors que l’un comme l’autre ne sont près de leur argument que lorsqu’ils chorégraphient un ou deux danseurs. Pourquoi avoir peur de l’essentiel, de rejoindre la simplicité ? Pourtant la magnificence de l’ et la grandeur musicale du Chœur du Grand Théâtre ne pouvaient qu’inspirer à l’humilité.

Crédit photographique : © GTG/Vincent Lepresle

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Genève. Grand Théâtre. 5-X-2010. Sed Lux Permanet. Transit Umbra : Die Verklärte Nacht d’Arnold Schœnberg (1874-1951). Chorégraphie, scénographie et costumes : Francesco Ventriglia. Lumières : Rémi Nicolas. Sed Lux Permanet : Requiem de Gabriel Fauré (1845-1924). Chorégraphie : Ken Ossola. Scénographie et costumes : Jean-Marc Puissant. Lumières : Kees Tjebbes. Ballet du Grand-Théâtre de Genève. Polina Pasztircsak, soprano ; Markus Werba, baryton. Chœur du Grand Théâtre de Genève (chef de chœur : Ching-Lien Wu), Orchestre de la Suisse Romande, direction : Karl Anton Rickenbacher

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