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Impériale Elisabeth Leonskaja

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Lyon. Auditorium Maurice Ravel. 27-XI-2010. Ernest Chausson (1855-1899) : Viviane, poème symphonique op. 5. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Concerto pour piano et orchestre n°2, en sol mineur, op. 16. Modest Moussorgski (1839-1881) : Les Tableaux d’une exposition. Elisabeth Leonskaya, piano. Orchestre National de Lyon, direction : Vladimir Fedoseiev.

Pour conclure un cycle russe lyonnais, l’Orchestre National de Lyon avait invité le chef Vladimir Fedoseiev et surtout la très grande Elisabeth Leonskaja, qui se produisait pour la première fois à l’Auditorium Maurice Ravel. Le concert débutait par une rareté de Chausson, Viviane. Ce court poème symphonique, première véritable composition orchestrale de l’auteur de la Symphonie en si bémol majeur, témoigne de sa fascination pour les légendes arthuriennes. Tout un univers fantastique qui permet à Chausson de déployer un grand sens mélodique et son lyrisme délicat. Cette partition évocatrice, encore sous influence wagnérienne trouve dans les cordes soyeuses de l’ONL des interprètes de premier ordre et offre à Jennifer Gilbert, premier violon, l’occasion de dispenser de bien jolis phrasés lors de sa courte intervention.

Dès les première mesures du Concerto pour piano n°2 de Prokofiev, Elisabeth Leonskaja capture l’attention de l’auditeur… pour ne jamais le lâcher. L’impératrice du piano russe est égale à elle même : austère dans son apparence mais brûlante de jeu. La maîtrise de l’instrument est confondante avec une sonorité pleine-qui investit comme rarement l’immense enceinte de l’Auditorium. A un jeu de «fond de clavier» impressionnant succède ce toucher aussi léger que les ailes d’un papillon. Intelligence et beauté de ce pianisme sans concessions qui épouse les méandres d’une partition follement originale, si moderne malgré ses 100 ans d’âge et qui dissimule derrière hardiesses harmoniques et audaces percussives un lyrisme authentiquement russe. Plus scrupuleux accompagnateur que génie de la baguette, Fedoseyev arrondit parfois un peu trop les angles. Quant à l’orchestre, en recherche de marques au début de «l’andantino» initial, il gagne en assurance au fil des mouvements et offre une réponse superbe au torrent Leonskaja.

En deuxième partie de concert, les inusables Tableaux d’une exposition de Moussorgski -dans l’orchestration de Ravel- ont enflammé le public lyonnais. Les musiciens connaissent bien cette œuvre qu’ils ont enregistré sous la direction de Jun Markl. Efficace et bien construite, la lecture de Fedoseyev est d’un classicisme assumé et partant sans surprise.

L’Orchestre brille en tout cas de tous ses feux (les cuivres!) et répond présent aux moments stratégiques : pépiement des flûtes dans Tuileries, saxophone lascif à souhait dans Vecchio castello et atmosphère moite à la Debussy-Images, trompettes dans Samuel Goldenberg et Schmuyle, violons vif-argent dans Ballet des Poussins. Seul Baba Yaga, un peu terne et mou détone dans ces Tableaux remarquables -qui culminent dans une majestueuse porte de Kiev à laquelle manque seulement le chromatisme intense des grandes interprétations.

Crédit photographique : photo © DR

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Lyon. Auditorium Maurice Ravel. 27-XI-2010. Ernest Chausson (1855-1899) : Viviane, poème symphonique op. 5. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Concerto pour piano et orchestre n°2, en sol mineur, op. 16. Modest Moussorgski (1839-1881) : Les Tableaux d’une exposition. Elisabeth Leonskaya, piano. Orchestre National de Lyon, direction : Vladimir Fedoseiev.

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