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Paris, Cité de la Musique. 30-XI-2010. Igor Stravinsky (1882-1971) – Mikhaïl Rudy (né en 1953) : Petrouchka, transcription pour piano du ballet complet  ; Modeste Moussorgski (1839-1881) : Tableaux d’une exposition. Mikhaïl Rudy, piano.

Dans le cadre du cycle «L’art total» à la Cité de la Musique, le pianiste d’origine russe nous a offert un récital fort original, tout en tableaux.

En première partie, des tableaux musicaux. On connaît les Trois mouvements de Petrouchka, tirés des 1er, 2e et 4e tableaux du ballet, transcrits par le compositeur lui-même. Notre pianiste a eu l’excellente idée de compléter les scènes manquantes de cette version avec ses propres transcriptions. Les nouvelles partitions ne perdant pas la couleur du folklore populaire exprimée par Stravinsky, mais la mettant au contraire adroitement en valeur. Nous avons beaucoup apprécié la simplicité de la Danse de la ballerine et la Valse (3e tableau). En revanche, certaines imprécisions rythmiques (Danse russe, semaine grasse) rendent l’interprétation moins passionnante.

Après l’entr’acte, de vrais tableaux. En 1928, Kandinsky réalise quelques aquarelles pour mettre en scène les Tableaux d’une exposition de Moussorgski. Le spectacle, créé la même année au Friedrich Theater de Dessau, recueillit un grand succès. Plus de quatre-vingt ans plus tard, adapte ce spectacle au goût du jour, en une animation projetée sur grand écran au fond de la scène. Les tableaux ainsi récréés par l’équipe de l’Etude de Supervision des Trucages (E. S. T. ) sont tous tirés de dessins du peintre, le plus souvent en suivant fidèlement ses indications, mais recomposés et recolorés. Ainsi, dans Gnomus et Le vieux château, des éléments géométriques apparaissent successivement pour que l’ensemble ne soit visible qu’à la fin. Dans Le marché de Limoge, les deux personnages qui discutent sont animés, à la manière de marionnettes, avec le plan de Limoge en toile de fond. Toujours dans la même veine, dans Samuel Goldenberg et Schmuÿle, deux personnages «en costumes traditionnels juifs», sont librement composés de quelques figures et lignes géométriques de Kandinsky dans un mouvement tout aussi libre. Mais les animations les plus réussies sont certainement Les Tuileries et Le Ballet des poussins dans leur coque. Le premier est entièrement constitué d’un kaléidoscope qui, selon les moments du morceau, tourne à des vitesses différentes, en différents tons de couleurs. Dans le deuxième, trois points jaunes (poussins) se meuvent plus ou moins rapidement sur des lignes ondulantes. Ce sont d’ailleurs deux morceaux bissés.

Le spectacle fut un véritable enchantement, on ne peut qu’applaudir cette merveilleuse idée et l’ingéniosité de la réalisation. Toutefois, outre le problème persistant de précision rythmique, l’interprétation était quelque peu figée, sans doute en raison de la nécessité d’adapter la musique à l’animation préalablement réalisée. Suite de l’aventure avec des images animées en temps réel ? Nous l’attendons avec impatience.

Crédit photographique : Mikhaïl Rudy © Marthe Lemelle

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Paris, Cité de la Musique. 30-XI-2010. Igor Stravinsky (1882-1971) – Mikhaïl Rudy (né en 1953) : Petrouchka, transcription pour piano du ballet complet  ; Modeste Moussorgski (1839-1881) : Tableaux d’une exposition. Mikhaïl Rudy, piano.

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