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La jeune garde et le bon Vieuxtemps

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Henri Vieuxtemps (1820-1881) : Concertos pour violon 1-7. Vineta Sareika (violon), Hrachya Avanesyan (violon), Nikita Boriso-Glebsky (violon), Lorenzo Gatto (violon), Yossif Ivanov (violon), Jolente De Maeyer (violon), Harriet Langley (violon), Orchestre Philharmonique Royal de Liège, Patrick Davin (direction). 3CD Fuga Libera. Référence FUG 575. Code barre 5400439005754. Enregistré à la Salle Philharmonique de Liège en juillet 2010. DDD. Notice trilingue (français, néerlandais, anglais). Durée : 189’31’’

 

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D’origines diverses et variées, les sept jeunes violonistes réunis pour cette intégrale des concertos d’ sont placés sous la supervision artistique de leur maître Augustin Dumay. Ce dernier fut élève d’Arthur Grumiaux, qui bénéficia lui-même des conseils de Georges Enesco, disciple de Martin-Pierre Marsick dont Vieuxtemps disait : «Je tiens cet artiste pour le premier violon de Paris et de mille autres lieux. Et dire que c’est un Belge, un liégeois, un mien concitoyen! J’en suis fier!». Voilà une manière de boucler la boucle de l’école «franco-belge» de l’archet qui, à entendre la relève, a encore de beaux jours devant elle.

Confié à Vineta Sareika, que l’on connaît par ailleurs comme violoniste du Trio Dali, le rare Concerto n°1 chante magnifiquement. Se jouant habilement des redoutables difficultés techniques de l’œuvre, la jeune lettone fait preuve d’une remarquable autorité, d’un cantabile solaire et d’un charme irrésistible (Rondo final). A ses côtés, , rompu au bel canto, parvient à éviter tout pompiérisme. Le chef fait également preuve d’une extraordinaire musicalité dans le Concerto n°2 joué par Hrachya Avanesyan. Virtuose lyrique et fougueux dont le jeu semble parfois un rien trop clinquant (dans l’Allegro initial surtout), il a le mérite de ne commettre aucune faute de goût.

De tempérament radicalement différent, nous propose un Concerto n°3 racé. Il enjambe souplement les nombreux chausse-trapes de la partition pour nous livrer une lecture d’une élégance incomparable, menant son propos avec beaucoup d’imagination. et forment un tandem parfait dans un Concerto n°4 dont on comprend, dès les premières mesures, que l’architecture sera intelligemment valorisée. Certes, le violoniste ne se met pas vraiment en danger (les deux derniers mouvements) mais montre qu’il a atteint la maturité nécessaire pour aborder les plus grandes pièces du répertoire. La sonorité de son Vuillaume est magnifique et son interprétation soutient largement la comparaison avec celle de Grumiaux/Rosenthal (Phillips).

Le Concerto n°5 est magnifié par le charisme subjuguant de qui, en excellent narrateur, varie sans cesse les éclairages et les ambiances d’une pièce dont il prouve la qualité musicale (ce que tous ses prédécesseurs n’ont pas réussi à faire). Certes, on pourra lui «reprocher» d’écraser parfois un peu trop l’archet sur la corde -probable reliquat de l’enseignement de - mais qu’à cela ne tienne, l’ensemble est passionnant et tient en haleine. Pour suivre, Jolente De Maeyer défend avec finesse, cœur et bon goût le Concerto n°6. Cependant, malgré les belles atmosphères qu’elle y instaure, sa vision est peut-être la moins personnelle de cette intégrale. A sa décharge, cette œuvre «féminine» (elle fut composée pour Wihlelmine Norman-Neruda) tourne parfois un peu en rond. Pour finir, Harriet Langley impressionne dans le Concerto n°7 dont elle cerne d’emblée le caractère sombre et dramatique. La violoniste de 18 ans fait preuve d’une poigne hors du commun et prouve qu’elle sait aussi chanter, ce qu’elle fait particulièrement bien –et sans débordement lyrique- dans le mouvement médian, Mélancolie : Andante sostenuto.

Forcément moins unitaire que la seule autre intégrale disponible à ce jour (celle de Mischa Keylin en 3 volumes séparés chez Naxos), ce coffret la surclasse pourtant largement grâce au panache des personnalités qu’il nous permet de découvrir (ou de retrouver) et à un très bel orchestre -jeune quinquagénaire- que Patrick Davin dirige avec subtilité et imagination. Un régal qui fera des heureux…

 

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Henri Vieuxtemps (1820-1881) : Concertos pour violon 1-7. Vineta Sareika (violon), Hrachya Avanesyan (violon), Nikita Boriso-Glebsky (violon), Lorenzo Gatto (violon), Yossif Ivanov (violon), Jolente De Maeyer (violon), Harriet Langley (violon), Orchestre Philharmonique Royal de Liège, Patrick Davin (direction). 3CD Fuga Libera. Référence FUG 575. Code barre 5400439005754. Enregistré à la Salle Philharmonique de Liège en juillet 2010. DDD. Notice trilingue (français, néerlandais, anglais). Durée : 189’31’’

 
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