Halévy par Bartoli : une résurrection ratée ?

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Jacques Fromental Halévy (1799-1862). Clari, drame musical en trois actes. Mise en scène : Moshe Leiser et Patrice Caurier. Décors : Christian Fenouillat. Costumes : Agostino Cavalca. Eclairage : Christophe Forey et Martin Gebhardt. Chorégraphie : Beate Vollack. Avec Cecilia Bartoli, Clari ; John Osborn, le Duc ; Eva Liebau, Bettina ; Oliver Widmer, Germano ; Giuseppe Scorsin, Luca ; Carlos Chausson, Alberto ; Stefania Kaluza, Simonetta. Chœur de l’Opéra de Zürich (chef de chœur, Jürg Hämmerli), Orchestra La Scintilla de l’Opéra de Zürich, dir. Ádám Fischer. Réalisation : Felix Breisach. 2 DVD DECCA O74 3382 Code barre : 0 44007 43382 9. Toutes zones. Enregistré à l’Opéra de Zürich en août et septembre 2008. Sous-titrage : anglais, français, allemand, italien et espagnol. Format image : 16 : 9 Anamorphic Widescreen. Format son : LPCM Stéréo, DTS 5. 1 Surround. Durée : 158’

 

«Je n’hésite pas à proclamer que ce qui caractérise essentiellement l’inspiration d’Halévy, c’est avant tout le pathétique de la haute tragédie lyrique». Ces propos flatteurs de Richard Wagner concernent La Juive qu’il dirigea à plusieurs reprises. Sans doute n’a-t-il jamais approché cette autre œuvre, de jeunesse cette fois, Clari, présentée comme un opéra semi-seria en trois actes de Jacques sur un piètre livret de Pietro Giannone. La création se déroule au Théâtre italien (Paris) le 9 décembre 1828 avec la célèbre Maria Malibran dans le rôle titre. L’histoire met en scène Clari, une paysanne charmée par un jeune duc, contre la volonté de ses parents. Inutile d’en délivrer davantage car la suite s’inscrit dans l’évidence d’une histoire niaise glissant lourdement, sans effet dramatique patent et trop rapidement soporifique. Cette reprise voulue par Cecilia se propose de ressusciter la fabuleuse carrière de la mezzo espagnole Malibran (1808-1836). Les décors anachroniques (télévision et son match de football, voiture des années 1950, animaux de la ferme en plâtre, hôpital contemporain…) sont du même acabit que la mise en scène kitchissime et ringarde due à Mosche Leiser et . Le burlesque scénique accouplé de force à la tragédie factice du texte s’avère immédiatement et définitivement contre-nature. Néanmoins la scène est mobile, colorée et souvent festive. Ce point positif perd de son acuité et de son intérêt face à une sorte de roman-photo bêta que nous impose cette résurrection bien inutile du magazine Nous-Deux. La musique d’Halévy, de style italien, s’éloigne certes de la pompe du grand opéra mais creuse un vide fort dommageable au spectacle. L’inclusion d’un passage d’Otello de Rossini et même de la Cavatine de Miranda tirée de La Tempête d’Halévy accentuent sans pitié le niveau insuffisant de la partition. Bien sûr, prend à cœur son rôle scénique de godiche sincère mais surtout chante magnifiquement son personnage. Le ténor (Le Duc) effectue une prestation défaillante surtout lors du premier acte. Eva Liebau (Bettina) et Oliver Widmer (Germano), engagés et spontanés s’en sortent bien. Reste l’ et son chef Adam Fischer, très impliqués mais bien sûr incapables de transcender une musique si prosaïque et délitée. Rares sont les vraies surprises.

Lire notre chronique sur la représentation de

« Clari » à l’Opéra de Zurich en 2008.

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