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Zubin Mehta par le nouveau label Helicon

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°5 en ut mineur, Op. 67 ; Ouverture des « Créatures de Prométhée », Op. 43 ; Symphonie n°6 en fa majeur, Op. 68 « Pastorale ». Orchestre philharmonique d’Israël, direction : Zubin Mehta. 1 CD Helicon. Référence : 02-9628. Code barre : 7 293627 962827. Enregistré en juillet 2009. Notice de présentation en anglais. Durée : 75’42.

 

C’est au tour de l’ de se lancer dans l’aventure d’un label pour servir de support à son rayonnement international.

Souvent enregistré à l’époque des vaches grasses du disque classique, la phalange est devenue, depuis le milieu des années 1990, des plus timides sur le front des parutions. C’est toujours dommage sur la forme que sur le fond, car son directeur musical, l’infatigable chef indien , reste un Titan des podiums capable de galvaniser un orchestre comme peu de chefs sont encore aptes à la faire.

Avec Mehta, c’est encore l’âge d’or des podiums avec un véritable art de chef d’orchestre ! Que ceux qui cherchent des interprétations légères, en accord avec l’esprit musicologique actuel, passent leur chemin. Le chef revendique des effectifs imposants et un gros son puissant. Dans ces deux symphonies de Beethoven, l’orchestre est en tutti avec un chef qui privilégie l’impact à la précision historiciste : le trait est épais avec une interprétation qui favorise la puissance brute sur l’énergie. La symphonie n°5 est certainement la meilleure lecture de cette série : l’architecture est éminemment maîtrisée et le discours s’avère tendu et dramatique, mais le chef ne se regarde pas diriger et avance avec pugnacité et cohérence. La «pastorale» est également bien troussée, mais elle est un chouia en dessous de la symphonie n°5, même s’il s’agit d’une lecture solide.

(1756-1791) : Symphonie n°38 en ré majeur, K. 504 «Prague» ; (1797-1828) : Symphonie n°9 en ut majeur «La Grande». The Israel Philharmonic Orchestra, direction : Zubin Mehta. 1 CD Helicon. Référence : 02-9631. Code barre : 7 293627 963121. Enregistré en novembre 2006 et janvier 2010. Notice de présentation en : anglais. Durée : 76’37.

La symphonie n°38 commence très mal avec un accord initial assez flottant par pas très précis. Mais rapidement le chef corrige la situation et livre une lecture efficace et musicale, mais toujours dans cet esprit «gros symphonique» à la tête d’une masse de cordes imposante qui «sonne» avec ampleur. Cependant, en virtuose des podiums, Metha parvient à convaincre ! Le talent du chef réside dans sa capacité à aller toujours de l’avant et à ne jamais faire sonner l’effectif orchestral avec lourdeur. La symphonie n°9 de Schubert est l’un des piliers du répertoire du chef : il en avait gravé une extraordinaire lecture lors de ses jeunes années à la tête du philharmonique d’Israël (Decca) et l’inscrit régulièrement à ses concerts (il en existe également une autre interprétation à la tête de la philharmonie de Vienne captée en concert à Salzbourg édité chez Orfeo). Dès lors, cette lecture à fort à faire pour s’imposer face aux précédents témoignages du chef. Il manque à cette version des angles et un fini instrumental plus attentionné et policé. Le geste du chef est toujours massif, l’orchestre répond avec professionnalisme, mais on ne dépasse pas la belle lecture de concert sous une battue plus probe qu’inspirée.

Ernest Bloch (1880-1959) : Avodath Hakodesh (Le Service Sacré) ; (1685-1750) : Cantate “Wachet auf, ruft uns die Stimme» BWV 140. , baryton ; Raphael Frieder, narrateur ; Talia Or, soprano ; Douglas Purcell, tenor ; Klaus Häger, baryton. The Collegiate Chorale, direction : Robert Bass. The Israel Philharmonic Orchestra, direction : Zubin Mehta. 1 CD Helicon. Référence 02-9623. Code barre : 7 293627 962322. Notice de présentation en : anglais et hébreux. Durée : 74’45

On ne dira jamais assez à quel point est un compositeur exceptionnel avec une musique d’une beauté stupéfiante alliée à une science de l’orchestration magique. Bloch considérait son Service sacré pour baryton, chœur et orchestre comme l’un des accomplissements de sa musique. Nourrit d’une étude approfondie de l’hébreu et des sources sacrées, il livre un chef d’œuvre musical et dramatique. Toutes les forces vocales et chorales sont galvanisées par cette musique et par les enjeux de ce concert, de 1998, à Jérusalem. Cette lecture de luxe est sans contexte une grande référence même si l’on oublie pas le disque historique de (Sony). Changement de style avec une Cantate de Bach, véritablement romantique et assez massive, qui n’apporte rien à la gloire de ce concert.

Antonin Dvorak (1841-1904) : Symphonie n°9 en mi mineur, Op. 95 “Symphonie du Nouveau monde» ; Richard Strauss (1864-1949) : Also sprach Zarathustra, Op. 30. The Israel Philharmonic Orchestra, direction : Zubin Mehta. 1 CD Helicon. Référence : 02-9621. Code barre : 7 293627 963220. Enregistré en mars 2007. Notice de présentation en anglais. Durée : 76’37.

Ce disque présente une confrontation entre le présent et les jeunes années du chef. Lors de son mandat à la tête de la philharmonie de Los Angeles, le jeune démiurge avait laissé des interprétations puissamment carénées et technophiles de ces deux pages (DECCA). Avec le temps, le chef est toujours aussi précis mais il a assoupli son geste. La Symphonie du «Nouveau monde» est bien menée, mais il manque à ce concert l’exaltation que l’on retrouve sous la baguette d’un par exemple (RCO live). Par contre la lecture d’Ainsi Parlait Zarathoustra est des plus satisfaisantes. A la tête d’un orchestre vombrissant, le chef indien impose une lecture vaillante et conquérante qui allie l’ampleur des dynamiques à la finesse du trait.

(1833-1897) : Ein Deutsches Requiem, Op. 45. , soprano ; Hanno Müller-Brachmann, baryton. The Gary Bertini Israeli Choir, direction : Ronen Borshevsky. The Israel Philharmonic Orchestra, direction : Zubin Mehta. 1 CD Helicon. Référence 02-9629. Code barre : 7 293627 962926. Enregistré en concert en octobre 2009. Notice de présentation en anglais. Durée : 65’09.

Cet album Brahms capté à l’automne dernier montre qu’un beau concert ne fait pas toujours un grand disque. Mehta évite l’écueil de la romantisation à outrance et impose une interprétation à la lumière profane un peu trop lisse quand même et qui peine à toucher. Il n’est pas aidé par des solistes linéaires et par un chœur volontaire mais qui ne peut rivaliser avec des formations professionnelles de type Monteverdi Choir ou Collegium (avec Gardiner/Philips) Vocale de Gand (avec Herreweghe/HM) ! Metha fait ce qu’il peut mais dans une discographie bardée de références, ce disque n’a pas beaucoup de chances.

Les données de cette collection sont complexes. Des lectures de grand niveaux côtoient les interprétations moins inspirées. Vendus à prix fort, ces disques semblent être réservés aux admirateurs du chef. Qui plus est les interprétations captées en 1997 sont disponibles en téléchargement et à vil prix, chez Decca. Il faut également regretter un fini technique pas toujours à la hauteur des artistes, ainsi les bruits de fond et les tousseurs viennent de temps à autre titiller les oreilles. Il est étonnant de constater de telles imperfections car ces concerts captés sur plusieurs soirs devaient permettre d’éliminer de telles scories.

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°5 en ut mineur, Op. 67 ; Ouverture des « Créatures de Prométhée », Op. 43 ; Symphonie n°6 en fa majeur, Op. 68 « Pastorale ». Orchestre philharmonique d’Israël, direction : Zubin Mehta. 1 CD Helicon. Référence : 02-9628. Code barre : 7 293627 962827. Enregistré en juillet 2009. Notice de présentation en anglais. Durée : 75’42.

 
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