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Odyssée contemporaine avec Double Points

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Paris. Cité de la Musique. 28/I/11. Dans le cadre du cycle Réel/virtuel. Hanspeter Kyburz/Emio Greco : Double Points : OYTIΣ. Musique : Hanspeter Kyburz. Chorégraphie : Emio Greco et Pieter C. Scholten. Dramaturgie et livret : Sabine Marienberg. Projections : Joost Rekveld. Costumes : Clifford Portier. Réalisation informatique musicale : Wolgang Heiniger. Captation du geste : Ircam/pôle spectacle. Electronique live : Hanspeter Kyburz, Josh Martin. Ensemble Intercontemporain, direction : Jean Deroyer. Avec Emio Greco, danse et Yeree Suh, soprano.

Hanspeter Kyburz présente avec le danseur une version augmentée de Double Points : + pour l’. Un dialogue fertile entre la danse et la musique autour de l’Odyssée et du retour d’Ulysse.

Troisième phase du projet auquel collaborent depuis 2004 les chorégraphes et et le compositeur Hanspeter Kyburz, Double Points : OYTIΣ ajoute au dispositif de capteurs posés sur le corps du danseur et aux stimulations sonores provoquées par sa gestuelle la voix d’une chanteuse, Yeree Suh, dans le personnage de Pénélope. Une ligne dramaturgique, qui retrace l’absence et le voyage d’Ulysse, puis les retrouvailles d’Ulysse et de sa femme Pénélope, donne au projet une force inédite, tendue vers sa résolution et donne à la musique de Hanspeter Kyburz une nouvelle richesse de sentiments et d’émotion.

Austère, introspective quand elle accompagne le solo de Pénélope se plaignant de solitude, la musique se fait plus généreuse autour des mouvements d’Emio Greco, qui incarne Ulysse. Les accents de la partition répondent aux impulsions sonores provoquées par les capteurs fixés sur son corps. Sa présence est puissante et captivante, tandis que le dispositif le contraint à des gestes d’une grande précision. Il entame parfois un dialogue plus intime, plus suivi avec certains instruments, comme la flûte, la clarinette ou le violoncelle.

Le dispositif scénique est à la fois impressionnant et efficace. A l’avant-scène pendent deux grappes de projecteurs tandis que le fond de scène accueille, au-dessus d’un petit escalier, un disque très Béjartien sur lequel sont projetées des images composites (kaléidoscopiques ou numériques). Fort utiles pour évoquer l’orage ou la tempête qui frappe le bateau d’Ulysse, les projecteurs contribuent au déroulement du fil rouge dramaturgique de l’œuvre.

Très écrites, la danse et la musique ne laissent apparemment pas une place infinie aux « créations » de l’ordinateur. Celui-ci joue plutôt le rôle d’une caisse de résonance, amplifiant ou dupliquant les sons, les faisant paraître d’origine céleste. Lorsqu’Ulysse et Pénélope se retrouvent, chacun demeure dans son univers. L’un et l’autre tentent de s’apprivoiser, dignement et avec modestie, dans une tension ultime.

Crédit photographique : © Luc Hossepied

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Paris. Cité de la Musique. 28/I/11. Dans le cadre du cycle Réel/virtuel. Hanspeter Kyburz/Emio Greco : Double Points : OYTIΣ. Musique : Hanspeter Kyburz. Chorégraphie : Emio Greco et Pieter C. Scholten. Dramaturgie et livret : Sabine Marienberg. Projections : Joost Rekveld. Costumes : Clifford Portier. Réalisation informatique musicale : Wolgang Heiniger. Captation du geste : Ircam/pôle spectacle. Electronique live : Hanspeter Kyburz, Josh Martin. Ensemble Intercontemporain, direction : Jean Deroyer. Avec Emio Greco, danse et Yeree Suh, soprano.

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