Concerts, La Scène, Musique symphonique

Un modèle pour l’Europe des Nations

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Dijon. Auditorium. 26-III-2011. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie de chambre op. 110a, transcription pour orchestre à cordes par Rudolf Barshaï du Quatuor n° 8 en ut mineur op. 110. Richard Strauss (1864-1949) : Concerto pour hautbois et petit orchestre en ré majeur. Robert Schumann (1810-1856) : Hermann und Dorothea, ouverture op. 136 ; Symphonie n° 4 en ré mineur op. 120. François Leleux, hautbois ; Chamber Orchestra of Europe, direction : Vladimir Ashkenazy

Quelle classe, la prestation de l’Orchestre de Chambre d’Europe ! Quel métier, quelle musicalité partagée visiblement sans rancœurs, sans chichis, avec une complicité évidente ! Il est vrai que transparaît chez tous ses membres une totale maîtrise de l’instrument qui permet la dynamique et la nervosité de l’orchestre, et notamment la synchronisation parfaite de l’archet sur les cordes… Du grand art, à consommer sans modération.

Le Chamber Orchestra, associé à l’Opéra de Dijon, nous a régalés avec la transcription pour orchestre à cordes du quatuor n° 8 de Chostakovitch : la masse des instruments fait ressortir encore plus l’antithèse des deux thèmes principaux, et celui de la danse russe devient une vraie danse macabre menée par le Destin. En totale opposition avec cette pièce dramatique et prenante, le concerto de est rempli de joie et d’espièglerie mais aussi d’élégance. semble saisir toutes ces intentions du compositeur, et il fait de cette une œuvre un concerto plein de fraîcheur et de spontanéité, étonnant sous la plume d’un jeune homme de quatre-vingt-un ans. On y perçoit nettement l’influence de Mozart, que le compositeur admirait, et on a même la petite note mélancolique nécessaire à la fin de l’andante pour rappeler avec tendresse la brièveté de la vie. En guise de bis, interprète un aria d’une cantate de Bach, dédié aux victimes japonaises du tsunami.

L’ouverture Hermann und Dorothea n’est sans doute pas inoubliable, et sans aucun doute d’un style assez pompier avec son thème héroïque récurrent de la Marseillaise : pourtant, peut-être prépare-t-elle assez bien à l’écoute de la Symphonie n° 4, dont livre une interprétation nerveuse et d’allure «révolutionnaire». Malgré un certain flou dans l’appréciation du tempo des premières mesures, le parti-pris de l’enthousiasme donne des fruits très appréciables ; les contrastes de nuances, les tempi soutenus évitent de sentir les longueurs, surtout dans le dernier mouvement qui est écrit avec des développements parfois scolastiques. Un orchestre de ce niveau peut se permettre toutes les audaces, et il est bluffant d’entendre un groupe de cette importance exécuter des traits à cette vitesse avec propreté et aisance, sans renier pour autant la souplesse du phrasé.

Crédit photographique : © Keith Saunders

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Dijon. Auditorium. 26-III-2011. Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie de chambre op. 110a, transcription pour orchestre à cordes par Rudolf Barshaï du Quatuor n° 8 en ut mineur op. 110. Richard Strauss (1864-1949) : Concerto pour hautbois et petit orchestre en ré majeur. Robert Schumann (1810-1856) : Hermann und Dorothea, ouverture op. 136 ; Symphonie n° 4 en ré mineur op. 120. François Leleux, hautbois ; Chamber Orchestra of Europe, direction : Vladimir Ashkenazy

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