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The Indian Queen, chant du cygne de Purcell

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Paris. Cité de la Musique. 29-III-2011. Henry Purcell (1659-1695) : The Indian Queen semi-opéra sur un livret d’après John Dryden et Robert Howard, Simon Robson, adaptation. Version de concert. Emmanuelle de Negri, Katherine Watson, sopranos ; Nicholas Watts, Sean Clayton, ténors ; Callum Thorpe, basse ; Raphaëlle Saudinos, comédienne ; Les Arts Florissants, direction : Paul Agnew

C’est un beau concert que nous ont proposé , dirigés – c’est de plus en plus le cas – par , actuellement chef associé (avec ) de la formation de William Christie.

Dans le cadre d’un cycle «Les Indes baroques» imaginé par la Cité de la Musique, ils présentaient au public une version de concert mise en espace (par lui-même) de The Indian Queen de Purcell, œuvre rarement donnée si on la compare à d’autres semi-opéras (The Fairy Queen, King Arthur) ou à l’opéra Didon et Enée.

Écrit sur un livret d’après John Dryden et Robert Howard, The Indian Queen fut composé par Purcell peu de temps avant sa mort (1695) et terminé par son frère Daniel (un Mask final est parfois représenté). proposaient l’œuvre dans une adaptation sur des textes de Simon Robson, traduits par la comédienne Raphaëlle Saudinos qui, en Zempoalla, reine usurpatrice du Mexique (The Indian Queen), faisait office de narrateur. Malgré les qualités expressives de la comédienne, l’adaptation, assez familière, n’est pas toujours du meilleur effet : «Depuis que j’étais toute petite, j’avais toujours rêvé d’être reine – c’est une ambition parfaitement naturelle – mais malheureusement, le poste de monarque était pris. Bon, qu’est-ce que j’étais censé faire… attendre que le job se libère ? alors j’ai créé une opportunité… vous voyez ce que je veux dire… oh je sais, ça a l’air brutal dit comme ça, un petit coup d’état. Ne prenez pas un air si choqué… ce sont les Français qui ont inventé le concept, non ?». Elle permet néanmoins de bien comprendre l’histoire : intrigues amoureuses, trahison, jalousie… dans un contexte de guerre imaginaire opposant les Aztèques du Mexique aux Incas du Pérou. Malgré les emprunts à des œuvres antérieures (l’ouverture de l’Ode pour l’anniversaire de la Reine Mary…), le déséquilibre des actes (une pièce orchestrale dans le premier acte, une pièce orchestrale et un air dans le quatrième acte), la musique de Purcell est, par ses qualités mélodiques, ses chromatismes, ses légères dissonances, de toute beauté. L’orchestre des Arts Florissants sonne bien (brillant trompettiste en particulier), bénéficiant d’une direction allante, souple, élégante, de Paul Agnew. L’orchestre sait également se montrer sobre ou dramatique, notamment dans le cinquième acte, la scène du sacrifice. Issu des différentes académies du Jardin des Voix, le plateau de jeunes solistes qui se partagent les personnages et les figures allégoriques, est des plus homogènes, telle une troupe. Un peu statiques, ils font néanmoins valoir des qualités vocales évidentes, en particulier , Nicholas Watts et Callum Thorpe. Le chœur, une quinzaine de chanteurs, se montre également convaincant.

En hommage à Purcell mort à l’âge de trente-six ans, le chœur des Arts Florissants offre en bis au public un émouvant Miserere mei du compositeur, d’abord a cappella, puis repris avec l’orchestre.

Crédit photographique : Paul Agnew © Sandrine Expilly

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Paris. Cité de la Musique. 29-III-2011. Henry Purcell (1659-1695) : The Indian Queen semi-opéra sur un livret d’après John Dryden et Robert Howard, Simon Robson, adaptation. Version de concert. Emmanuelle de Negri, Katherine Watson, sopranos ; Nicholas Watts, Sean Clayton, ténors ; Callum Thorpe, basse ; Raphaëlle Saudinos, comédienne ; Les Arts Florissants, direction : Paul Agnew

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