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Paris. Cité de la Musique. 21-V-2011. György Ligeti (1923-2006) : Atmosphères ; Aram Khatchaturian (1903-1978) : Gayaneh (suite)  ; Johann Strauss II (1825-1899) : Le Beau Danube bleu op. 314  ; Richard Strauss (1864-1949) : Also sprach Zarathustra op. 30. Brussels Philharmonic, direction : Michel Tabachnik.

En clôture d’un cycle «La science-fiction» imaginé par la Cité de la Musique, la salle recevait une formation qu’on a souvent l’occasion d’écouter dans ses murs, le (Vlaams Radio Orkest). Alors que La Cinémathèque française présente cette saison une grande exposition Stanley Kubrick, les musiciens placés sous la baguette de (directeur musical depuis la saison 2008/2009) proposaient un programme consacré aux musiques qu’utilisa le réalisateur pour son film culte 2001, l’Odyssée de l’espace (sorti en 1968). Kubrick reste un des exemples les plus célèbres de réalisateur ayant de manière quasi systématique puisé dans le répertoire «classique» pour la musique de ses films. Ces derniers ont d’ailleurs joué un rôle certain dans la vulgarisation de certaines œuvres (Trio n°2 de Schubert…), même contemporaines (pièces de Ligeti).

Disciple de Pierre Boulez, également compositeur, grand connaisseur et interprète de Xenakis (entre autres), il était fort surprenant de voir diriger au cours de ce concert du Khatchaturian ou du Johann Strauss ! Mais les pièces retenues par Kubrick pour ce film devaient lui convenir, étant adepte des programmes associant des œuvres on ne peut plus dissemblables les unes des autres.

Le concert débutait par la musique qui sert de prologue au film de Kubrick (écran noir pendant plus de deux minutes !), Atmosphères de (1961), pour grand orchestre, expérience auditive basée sur la transformation ininterrompue de la matière sonore (tour à tour planante, inquiétante, violente…). Rompu à ce répertoire, le fait d’emblée forte impression. Le contraste est saisissant avec l’œuvre suivante, quelques extraits tirés du ballet Gayaneh de Khatchaturian (notamment l’adagio pour cordes, utilisé dans le film, et bien sûr l’inévitable Danse du sabre). Musique colorée, influencée par le folklore arménien, pas toujours très inspirée, elle donne surtout l’occasion à l’orchestre de briller de tout son éclat (quelques déséquilibres néanmoins dans les vents, au détriment des bois). C’est également le cas dans Ainsi parlait Zarathoustra de , qui faisait office de plat de résistance de ce concert. Ce type d’œuvre ne convient pas trop à une salle de la superficie de la Cité de la Musique. Michel Tabachnik obtient néanmoins de ses musiciens un résultat convainquant, parvenant à maintenir l’intérêt de bout en bout, au-delà de l’aspect purement spectaculaire, et malgré le côté un peu fourre-tout, décousu, de ce poème symphonique. C’est son homonyme Johann qui refermait ce programme avec Le Beau Danube bleu, valse qui renvoie immanquablement dans le film de Kubrick à la machine évoluant dans l’apesanteur. Malgré l’enthousiasme des musiciens, du chef qui sautille littéralement sur le podium, on ne retrouve pas le mœlleux, le chic, la légèreté que peut délivrer par exemple l’Orchestre Philharmonique de Vienne dans ce répertoire.

Crédit photographique : Michel Tabachnik © Camilla van Zuylen

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Paris. Cité de la Musique. 21-V-2011. György Ligeti (1923-2006) : Atmosphères ; Aram Khatchaturian (1903-1978) : Gayaneh (suite)  ; Johann Strauss II (1825-1899) : Le Beau Danube bleu op. 314  ; Richard Strauss (1864-1949) : Also sprach Zarathustra op. 30. Brussels Philharmonic, direction : Michel Tabachnik.

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