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Jun Märkl à la conquête de l’Est

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Dresde. Semperoper. 22-V-2011. Maurice Ravel (1875-1937) : Shéhérazade, ouverture de féérie ; Toru Takemitsu (1930-1996) : From Me Flows What You Call Time pour cinq percussionnistes et orchestre ; Nikolai Rimski-Korsakov (1844-1908) : Shéhérazade, suite symphonique pour orchestre, op. 35. Orchestre symphonique de la Radio de Leipzig (MDR), direction : Jun Märkl

Le thème du festival de Dresde 2011 étant les cinq éléments et l’Asie, l’occasion était belle de lier un tube orchestral à deux raretés.

Ainsi, dans les cadre de sa collaboration annuelle avec le festival, l’ a offert le très rare concerto pour cinq percussions et orchestre From Me Flows What You Call Time du trop oublié . En une belle demi-heure, cette partition est un voyage symphonique dans un monde onirique et rêvé ! Presque murmurée par les solistes et l’orchestre, cette musique est en enchantement orchestral. Les percussions asiatiques et occidentales, fusionnent dans ce songe coloré et émouvant, à l’image des dernières notes ponctuées des échos des cloches japonaises. On retrouve toute l’originalité de Takemitsu : fusion des traditions d’Asie et d’héritage européen, amour des timbres et suprême raffinement des textures évocatrices. Les percussionnistes de l’orchestre livrent une interprétation idéale, guidés par un très précis à la tête de l’orchestre dont il est aussi le directeur musical.

Pièce de jeunesse, seule rescapée d’un projet d’opéra sur l’Orient, l’ouverture de féérie Shéhérazade est une autre rareté. On devine déjà le talent de coloriste et d’orchestrateur du compositeur, mais la partition reste un peu anecdotique. fait ce qu’il peut, mais l’orchestre, techniquement précis pêche par sa froideur de début de concert. Changement de registre avec une lecture passionnante de l’autre Shéhérazade, celle de Rimski-Korsakov. Märkl sait conjuguer un élan théâtral et un beau travail sur les masses orchestrales. Ses tempi, plutôt vifs, emportent l’œuvre dans un tourbillon en technicolor à la fois poétique, onirique et puissant. L’orchestre allemand semble s’amuser sous une baguette qui se plaît à éviter la romantisation à outrance. En dépit de petites scories techniques aux cors, l’orchestre fait belle impression avec des pupitres solides. Il faut saluer la belle prestation du clarinettiste Matthias Haller.

Plutôt malmené à Lyon, où il est également directeur musical, Jun Märkl est apparu comme un chef précis et capable de galvaniser son orchestre dans un répertoire qui ne lui, pas de prime abord, coule pas dans les veines.

Crédit photographique : Jun Märkl © DR

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Dresde. Semperoper. 22-V-2011. Maurice Ravel (1875-1937) : Shéhérazade, ouverture de féérie ; Toru Takemitsu (1930-1996) : From Me Flows What You Call Time pour cinq percussionnistes et orchestre ; Nikolai Rimski-Korsakov (1844-1908) : Shéhérazade, suite symphonique pour orchestre, op. 35. Orchestre symphonique de la Radio de Leipzig (MDR), direction : Jun Märkl

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