Motets du Grand Siècle dans le 93

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Saint-Denis. Basilique. VII-VI-2011. Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) : Te Deum H. 146  ; Jean-Baptiste Lully (1632-1687) : Te Deum LWV 55. Amel Brahim-Djelloul, Claire Lefilliâtre, dessus ; Jean-François Lombard, haute-contre ; Mathias Vidal, taille ; Geoffroy Buffière, basse ; Les Cris de Paris (chef de chœur : Geoffroy Jourdain)  ; Le Poème Harmonique, direction : Vincent Dumestre.

C’est en grande pompe que s’ouvrait cette nouvelle édition du Festival de Saint-Denis. se produisait dans un programme mettant en regard deux Te Deum qui renvoyaient aux fastes du Grand Siècle. Ce grand motet, outre sa fonction liturgique, était en effet le prétexte à l’exaltation de la gloire de Louis XIV et interprété lors d’occasions festives. Dans le cas de Charpentier, il s’agit vraisemblablement d’une victoire militaire en 1692. Celui de Lully fut donné pour le baptême de son propre fils en 1677, le Roi-Soleil étant le parrain. Ironie du sort, c’est en le redirigeant en 1687 pour fêter la guérison du roi (d’une fistule anale) qu’il se blessa au pied avec sa canne, la gangrène devant l’emporter quelques mois plus tard. Les deux œuvres se composent d’une ouverture orchestrale et de parties pour voix seule ou pour quelques solistes qui alternent avec les tutti du chœur.

À la tête d’un orchestre d’une trentaine d’instrumentistes (dont un certain nombre de violons provenant du Centre de Musique Baroque de Versailles, commandes auprès des luthiers et pour la reconstitution en 2008 des «Vingt-quatre Violons du Roy») et d’un chœur à l’effectif comparable, propose un beau moment de musique, dans des tempos enlevés. Malgré l’acoustique de la basilique, guère idéale pour ce type de répertoire, les musiciens impressionnent, tout particulièrement l’orchestre. Divisés en deux, sur les côtés de la scène, , chœur qu’on n’attend pas forcément dans le baroque, répondent également bien aux exigences du chef, ce dernier insistant sur la diction, le contraste des nuances, et évitant d’accentuer le caractère emphatique inhérent aux œuvres. Au sein du plateau de solistes, assez convaincant, se détache la partie de basse, tenue par , qui allie, outre la beauté du timbre, musicalité et une bonne projection de la voix. Les parties de dessus sont moins sollicitées que les voix masculines. On peut néanmoins souligner le touchant te ergo quaesumus (dans le Te Deum de Charpentier) délivré par , accompagnée par le continuo et les flûtes.

Crédit photographique : © Per Buhre

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