La Scène, Musique symphonique

L’Orchestre de Paris chez lui à Vienne

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Vienne. Musikverein. XXVIII-V-2011. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano n°2 en si majeur op.83 ; Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie n°7 en ré mineur op. 70. Leif Ove Andsnes, piano ; Orchestre de Paris ; direction : Paavo Järvi.

En visite à Vienne pour trois concerts, l’ a donné dès le premier soir la preuve de son haut niveau, avec comme soliste, ce qui ne gâchait rien.

Sous la baguette de Paavo Järvi, le pianiste norvégien a produit un très bon second Concerto de Brahms, tendre et musclé pourrait-on dire. Avec son toucher exceptionnel, Ove Andsnes s’élève sans effort au-dessus de l’orchestre, fût-ce par un pianissimo. Les parties de solo sont émotionnellement très fortes, alliant prouesse technique et justesse de ton. En effet, les prises de risque du pianiste se révèlent toujours payantes et ne servent que mieux l’esprit éminemment brahmsien de l’interprétation.

Conduit avec une sobriété aussi efficace qu’élégante, l’orchestre se comporte très bien dans son ensemble. Il fait entendre de beaux accents tragiques, relevés magnifiquement par les cuivres.
Pris isolément, certains instrumentistes laissent un peu à désirer, ainsi du violoncelliste solo qui rate complètement son entrée dans l’Andante. Mais Järvi veille à ce que les pupitres se partagent le son sans déséquilibre. De surcroît, sa direction est suffisamment souple pour laisser à Ove Andsnes la possibilité  de développer ses propres phrases, ce qu’il fait avec le talent qu’on lui connaît. Avant de prendre congé, le pianiste gratifie encore la salle d’une Romance de Schumann (op. 28 n°2), du meilleur effet.

En seconde partie, l’ se tire plutôt bien de la Symphonie n°7 de Dvořák. Fourmillant de thèmes, cette œuvre présente de nombreuses embûches, habilement surmontées par Järvi et son orchestre. Ils en donnent une version originale, dépourvue
d’emphase et bien peu slave en définitive. Épurée, la Symphonie épouse ici une forme beaucoup plus classique. Cette lecture sage et davantage française de Dvořák n’est pas pour déplaire et conserve l’œuvre au frais, loin du romantisme enfiévré qu’on lui applique d’ordinaire.

Le magnifique Scherzo est traité avec toute la légèreté souhaitée, sans effet de manches ni exagération. À l’image d’un Järvi  littéralement sur des ressorts, le thème bondit dans toutes les poitrines, enthousiasmant le public. Celui-ci sera encore gâté par une remarquable Valse triste de Sibelius, exécutée avec un grand doigté et un savant mystère. L’Orchestre de Paris est chez lui à Vienne !

Crédit photographique : Paavo Jarvi © Mathias Bothor

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Vienne. Musikverein. XXVIII-V-2011. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano n°2 en si majeur op.83 ; Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie n°7 en ré mineur op. 70. Leif Ove Andsnes, piano ; Orchestre de Paris ; direction : Paavo Järvi.

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