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Vienne, Hélène Grimaud pleine de grâce dans Ravel

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Vienne. Konzerthaus. VII-VI-2001. Serge Prokofiev (1891-1953) : Träume op. 6 ; Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto pour piano n°1 en sol majeur ; Serge Rachmaninov (1873-1943) : Symphonie n°2 en mi mineur op. 27. Hélène Grimaud, piano ; Orchestre Symphonique de Vienne ; direction : Eivind Gullberg Jensen.

Invitée à se produire avec un placé pour la première fois sous la direction du Norvégien , aura plus que rempli sa part du contrat. Après Träume, poème symphonique de Prokofiev, et avant la Symphonie n°2 de Rachmaninov, elle se surpasse dans le Concerto en sol de Ravel.

Dans cette œuvre exemplaire de concision, déjà enregistrée par elle chez Erato, on la trouve particulièrement à l’aise et plus convaincante que dans le répertoire romantique. Ici, son plaisir évident est communicatif ; elle partage avec le public son émerveillement pour une partition qui lui va comme un gant. Faisant appel à sa grande virtuosité, ce Concerto requiert également une liberté d’esprit qu’elle possède au plus haut point. L’influence du jazz n’en ressort que mieux sous les cascades et les glissandi déchaînés. Tout en étant d’une grande rigueur rythmique, témoigne dans le premier mouvement (Allegramente) d’une joie espiègle, presque enfantine, complètement désinhibée. Les accents sont bien marqués, il n’y a pas une fausse note et pourtant, tout cela donne un sentiment d’improvisation géniale.

Dans l’Adagio assai, on apprécie l’émotion contenue mais vibrante de la cantilène, qui s’achève sur l’entrée de la flûte. Hélène Grimaud nous fait vivre trois minutes de plénitude, relayée ensuite par des vents tout aussi remarquables. Le délié admirable de la main droite, la régularité jamais pesante de la main gauche composent un poème qui entre magnifiquement en résonance avec l’orchestre, dirigé avec la légèreté qui convient. C’est véritablement le point culminant du Concerto qui est atteint là.

On retrouve une acrobate radieuse dans un Presto final qui ne peut que séduire par la vivacité, la perfection technique et, surtout, la fraîcheur de la pianiste. Hélène Grimaud joue comme on jouerait un bon tour à quelqu’un. Cette jouvence si rare enchante la grande salle de la Konzerthaus de Vienne et, sans surprise, le Presto est bissé sur-le-champ. Une mention particulière doit être décernée à , parfaitement maître de sa partition et dont la baguette fait honneur à l’orchestration unique de Ravel.

En Hélène Grimaud, il faut saluer bien sûr la pianiste époustouflante de maîtrise et de grâce qui a su garder en elle le feu d’une adolescente surdouée. Vienne est encore en pâmoison.

Crédit photographique : © Mat Hennek/DG

 

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Vienne. Konzerthaus. VII-VI-2001. Serge Prokofiev (1891-1953) : Träume op. 6 ; Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto pour piano n°1 en sol majeur ; Serge Rachmaninov (1873-1943) : Symphonie n°2 en mi mineur op. 27. Hélène Grimaud, piano ; Orchestre Symphonique de Vienne ; direction : Eivind Gullberg Jensen.

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